John Weldon Cale, alias JJ Cale, The Quiet Guitar Hero Has Gone

Karim Moutarrif 

http://seventiesmusic.files.wordpress.com/2013/08/jj-cale-okie.jpgRien ne sert de courir, JJ Cale a rejoint les Prairies des Grandes Chasses, auprès du Grand Manitou au mois de juillet, au moment où on met la faux au sillon. J’ai pleuré ce doux et discret personnage.

Merci de m’avoir distillé pendant des années une musique humaine et sans violence. Merci de m’avoir fait rêver quand j’étais au bord du désespoir entrain de croupir dans une dictature. Merci de m’avoir fait sourire juste en me délectant de tes mélodies. Merci de m’avoir inspiré dans ma propre musique.

Thank you for giving me an endless human music without violence.  Thank you for making me dream when I was at the edge of despair, broken down by dictatorships. Thank you for making me smile with your pure delightful melodies. Thank you for  inspiring me and my music.

 JJ Cale est mort et ce fut un coup dur pour moi. Comme pour Rachid et apparemment Abdellatif aussi. Et tous ceux qui l’aimaient. Là-bas en Afrique.

Un mur de mon édifice s’est effondré, un pan de ma vie s’est écroulé, un bout de ma vie. Il fallait que je partage ce deuil immense avec des adeptes. Depuis quelques décennies déjà, un demi-siècle pendant lesquels il a égrené ses  quinze albums. Jamais pressé le lazy man. Poussant la fumisterie jusqu’à donner des numéros pour  titre à certains de ses albums

It happens! Des fans francophones, perdus en Afrique du Nord, le savait-il? Avant de commencer à écrire j’ai voulu consulter mon ami Rachid, pour faire le point sur les décennies de dévotion à ce bonhomme qui n’avait pas le look. Car on ne peut pas dire que dans le profond des États, l’élégance soit le fort, vu les lignées de paysans que l’Europe avait expurgé vers les « Amériques ». JJ Cale était un rustre mais il s’en tapait, la gloire ça le faisait c….Il chantait  I’m a gypsy man avec ses solos nasillards qui on finit par devenir sa marque de commerce. C’est l’air qu’il avait quand il débarqua au festival de jazz de Montréal, au début des années 90. Avec un percussionniste en guise de band et une Fender Stratocaster blanche. J’étais ému aux larmes, cela faisait déjà dix-huit ans que j’écoutais sa musique et je l’avais jamais vu sur scène.

Mon ami et moi cultivions secrètement le culte, de toute façon autour de nous peu de monde avait saisi le génie du bonhomme. Five, c’était 1979 , Don’t cry sister cry dans la Tanger de l’époque et les nuits blanches sur la plage.

 Nous aimions sa musique tranquille, son humilité, son comportement musical anti-cowboy. Du coup le rock devenait une balade tranquille. Et puis ça pouvait aller loin, à vous perdre, one step ahed of the blues ou carrément dans le jazz. Le premier morceau qui m’avait frappé c’était un titre très anodin, Hey Baby, de l’album Troubadour, un des premiers mais qui est un morceau à la croisée des chemins entre le blues le jazz et un rock très smooth ajusté à sa voix. Avec une ligne de cuivre discrète mais présente. Ce n’était pas une voix de crooner mais elle était chaleureuse, parlée ou chantée

Je commençais à comprendre que lui aussi était mortel mais je n’étais pas prêt. On n’est jamais prêt pour ces choses là. Je voyais bien la marque du temps s’imprimer au fur et à mesure que le celui-ci se déroulait, sur son visage sculpté.

Je suis d’accord avec Neil Young quand il le situe près de Jimi Hendrix.  JJ Cale a été une machine créatrice phénoménale, dans la plus grande intimité. Sans tambour ni trompette. Celui qu’on appelait God, le fameux Eric Clapton a écrit “John Weldon “J.J.” Cale “is one of the most important artists in the history of rock, quietly representing the greatest asset his country has ever had.” Et pourtant, Clapton avait pris tout le lit. Après s’être servi du génie du Okie.

Il fut un des bâtisseurs du fameux Tulsa Sound avec, entre autres, un acolyte nommé Leon Russell. Celui là même qui l’avait entrainé loin de son Oklahoma natale vers Los Angeles et la Californie en 1964. Après un détour à Nashville.

“I love his style. I always thought of it as “lazy” music, because to me it’s so laid back and relaxing. One of my favorite JJ Cale songs… »  écrit un internaute sur http://www.warriorforum.com.

Le day sleeper a quand même accouché de plus de vingt albums et une bonne dizaine de morceaux qui marqueront à jamais la musique anglo-saxonne

“JJ was a perfect example of how a humble but extremely talented musician should live his life,” a dit Mac Gayden, parolier et musicien

Il est parti aussi discrètement qu’il est arrivé. Repose en paix John et merci d’avoir existé.

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