Embarracismes, l’ironie pour lutter contre le racisme ordinaire

 Qu’est-ce que l’emEmbarracismesbarracime ?  C’est le racisme  qui s’ignore et que tout un chacun peut pratiquer  à son corps défendant. L’enjeu consistera donc à le dévoiler. Pour retourner les propos, pour ne pas dire la bêtise abyssale de ceux qui le profèrent et les plonger dans l’embarras, rien de tel qu’une petite piqûre d’ironie. C’est le remède du bon docteur Kossi Komma-Ebri, médecin de son état et… écrivain italien, venu en faire une éclatante démonstration le 3 mars dernier à la librairie Saint-Paul  à Paris avec Giovanna-Paola Vergari, sa traductrice .  

Publié par  les éditions Laborintus de Lille et  préfacé par Cécile Kyenge, ex-ministre italien pour l’intégration, ce petit recueil a obtenu un énorme succès  lors de sa publication en Italie il y a dix ans.  On y trouve une soixantaine de situations embarrassantes puisées à même l’expérience personnelle de l’auteur.

Le sourire qui  conclut chacun des courts chapitres, autant de manifestations du flagrant racisme quotidien, c’est le sourire de l’ironie. « Il s’agit de déconstruire les mots par les mots. » Répondre à l’insulte par l’insulte, ne sert qu’à refermer l’embarraciste dans son déni , explique l’auteur  d’origine togolaise. Au contraire le rire fait lumière et permet d’ouvrir un espace où je peux m’introduire. »

Avec une bonne humeur communicative, l’écrivain d’origine togolaise revisite le long chemin des noirs pour  l’émancipation. On retrouve là Fanon, Memmi mais aussi Senghor  et l’éloge de la négritude.  Car il s’agit de retourner le complexe  d’infériorité que le colonisé a fini par imposer en affirmation. « Les gens ne sont pas préparés à la différence, observe le médecin. Pourtant notre  différence, c’est notre unicité. » 

Comment être  différent  tout en étant  égal  aux autres en droit ?  On retrouve l’essentiel du combat pour la diversité culturelle  aujourd’hui.  Cependant, cette reconnaissance  est plus en plus menacée aujourd’hui, admet cet écrivain qui fait partie de l’importante mouvance des écrivains migrants réunis autour de la revue El Ghibli.  Aujourd’hui je ne pourrai plus écrire ce  genre de livre. L’élection de Trump a dédouané le racisme ordinaire et banalisé leurs discours. Que faire ?

Réagir. Refuser la fatalité de cette situation et retrouver la puissance des mots  par l’ironie.  C’est la leçon de ce petit bouquin qui en vaut bien des gros. Une belle initiative pour lutter contre les discriminations dans le cadre ce cette semaine qui lui sera bientôt consacré

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