Chiosa, Glose à “Euthanasie de l’aura”

Lamberto Tassinari

Link:http://viceversaonline.ca/2017/02/art-euthanasie-de-laura/

Provate (e sicuramente l’avete già fatto) a seguire settimanalmente le cronache letterarie e artistiche sulle pagine del vostro giornale o rivista. Se parlate più lingue avrete sicuramente fatto lo stesso in tutte le altre lingue. Avrete notato allora che ogni settimana ci sono novità “straordinarie” riguardanti “primi romanzi” di autori di “grande, grandissimo talento” spesso paragonati a classici vicini e lontani, lo stesso accade per pittori e scultori e artisti di varie discipline.

Che vuol dire tutto questo? Credo voglia dire che il talento artistico è comune e che con l’educazione di massa a partire dagli anni Cinquanta del secolo scorso il numero degli artisti non ha fatto che crescere. L’interesse e l’animazione, l’entusiasmo che circonda questa comune creatività io lo considero attraverso la illuminante, per me, metafora dello sport. Interessarsi e animarsi per questi “capolavori” che ogni settimana sono annunciati dai media al grande pubblico è come andare nei parchi e assistere a partite di tennis, di pallacanestro o di calcio giocate da gente qualsiasi. Capita di vedere cose molto belle, a volte straordinarie e magari siete l’unico spettatore di questi exploits memorabili, non ci sono giornalisti, né radio né televisione a testimoniare, a registrare, a consacrare tanta bellezza. Ma generalmente non è così, dopo dieci minuti di una partita di tennis tra gente comune ve ne andate e riprendete la vostra passeggiata nel parco e non avete nessun interesse a identificare quei giocatori e a tornare a vederli giocare ancora la settimana seguente. Se l’industria culturale non vi proponesse con i suoi megafoni ormai piazzati fin dentro le vostre tasche questa serie incessante di geni e talenti mostruosi non gli accordereste più tempo e danaro di quanto ne date ai giocatori nei parchi. La conclusione? La conclusione è che ogni attività ludica, artistica è piacevole da fruire indipendentemente dal valore (essenzialmente economico) che gli viene assegnato da chi detiene il potere di farlo.

Ma l’arte che veramente colpisce e commuove e trasforma è rara, non si manifesta settimanalmente, non va, per questo suo dono, credo, adorata ma semplicemente riconosciuta. Il resto è gioco comune.

 

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Essayez (vous l’avez sûrement déjà fait) de suivre chaque semaine les chroniques littéraires et artistiques dans les pages de votre quotidien ou revue. Si vous parlez plus d’une langue, faites le même exercice dans vos autres langues.

Vous remarquerez alors que chaque semaine il y a des nouveautés « extraordinaires » concernant des « premiers romans » écrits par des auteurs « de grand, très grand talent » souvent comparés à des classiques proches ou lointains. La même chose se produit pour des peintres, sculpteurs et artistes d’autres disciplines. Que veut dire tout cela ? Cela veut dire, je crois, que le talent artistique est chose commune et qu’avec l’éducation de masse, à partir des années 1950, le nombre des artistes n’a fait que croître.

L’intérêt et l’activité, l’enthousiasme que suscite cette créativité commune, je les considère par le biais de l’éclairante, à mon sens, métaphore du sport. S’intéresser et s’animer pour ces « chefs-d’œuvre » annoncés au grand public chaque semaine par les médias, c’est comme se promener dans des parcs publics pour assister à des matchs de tennis, de basket ou de foot joués par des gens ordinaires.

Il arrive, bien sûr, qu’on voit de très belles choses, parfois même extraordinaires, et vous êtes là, le seul spectateur de ces exploits mémorables – pas de journalistes, ni radio, ni télévision pour en témoigner et consacrer tant de beauté. Généralement toutefois cela n’est pas le cas : après dix minutes d’un match de tennis entre joueurs ordinaires vous vous en allez et continuez votre marche dans le parc sans ressentir le moindre intérêt pour l’identité des ces joueurs ni d’envie de retourner les voir la semaine suivante. Si l’industrie culturelle ne vous proposait pas, par des annonces qui résonnent dans un cellulaire au fond même de vos poches, cette série sans fin de génies inouïs et talents sublimes, vous ne leur accorderiez pas plus de temps et d’argent que ce que vous faites avec les joueurs du parc public. La conclusion de tout ça?

La conclusion, c’est que toute activité ludique-artistique nous fait plaisir, indépendamment de la valeur (essentiellement économique) que lui accordent ceux qui ont le pouvoir de le faire. L’art qui vraiment nous atteint, nous émeut et nous transforme, est rare et il ne se manifeste pas ponctuellement chaque semaine. Malgré ce don, il faudrait pas en faire un objet de culte ou d’adoration, il suffit de le reconnaître. Le reste n’est que du jeu commun.