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Chiosa, Glose à “Euthanasie de l’aura”

Lamberto Tassinari

Link:http://viceversaonline.ca/2017/02/art-euthanasie-de-laura/

Provate (e sicuramente l’avete già fatto) a seguire settimanalmente le cronache letterarie e artistiche sulle pagine del vostro giornale o rivista. Se parlate più lingue avrete sicuramente fatto lo stesso in tutte le altre lingue. Avrete notato allora che ogni settimana ci sono novità “straordinarie” riguardanti “primi romanzi” di autori di “grande, grandissimo talento” spesso paragonati a classici vicini e lontani, lo stesso accade per pittori e scultori e artisti di varie discipline.

Che vuol dire tutto questo? Credo voglia dire che il talento artistico è comune e che con l’educazione di massa a partire dagli anni Cinquanta del secolo scorso il numero degli artisti non ha fatto che crescere. L’interesse e l’animazione, l’entusiasmo che circonda questa comune creatività io lo considero attraverso la illuminante, per me, metafora dello sport. Interessarsi e animarsi per questi “capolavori” che ogni settimana sono annunciati dai media al grande pubblico è come andare nei parchi e assistere a partite di tennis, di pallacanestro o di calcio giocate da gente qualsiasi. Capita di vedere cose molto belle, a volte straordinarie e magari siete l’unico spettatore di questi exploits memorabili, non ci sono giornalisti, né radio né televisione a testimoniare, a registrare, a consacrare tanta bellezza. Ma generalmente non è così, dopo dieci minuti di una partita di tennis tra gente comune ve ne andate e riprendete la vostra passeggiata nel parco e non avete nessun interesse a identificare quei giocatori e a tornare a vederli giocare ancora la settimana seguente. Se l’industria culturale non vi proponesse con i suoi megafoni ormai piazzati fin dentro le vostre tasche questa serie incessante di geni e talenti mostruosi non gli accordereste più tempo e danaro di quanto ne date ai giocatori nei parchi. La conclusione? La conclusione è che ogni attività ludica, artistica è piacevole da fruire indipendentemente dal valore (essenzialmente economico) che gli viene assegnato da chi detiene il potere di farlo.

Ma l’arte che veramente colpisce e commuove e trasforma è rara, non si manifesta settimanalmente, non va, per questo suo dono, credo, adorata ma semplicemente riconosciuta. Il resto è gioco comune.

 

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Essayez (vous l’avez sûrement déjà fait) de suivre chaque semaine les chroniques littéraires et artistiques dans les pages de votre quotidien ou revue. Si vous parlez plus d’une langue, faites le même exercice dans vos autres langues.

Vous remarquerez alors que chaque semaine il y a des nouveautés « extraordinaires » concernant des « premiers romans » écrits par des auteurs « de grand, très grand talent » souvent comparés à des classiques proches ou lointains. La même chose se produit pour des peintres, sculpteurs et artistes d’autres disciplines. Que veut dire tout cela ? Cela veut dire, je crois, que le talent artistique est chose commune et qu’avec l’éducation de masse, à partir des années 1950, le nombre des artistes n’a fait que croître.

L’intérêt et l’activité, l’enthousiasme que suscite cette créativité commune, je les considère par le biais de l’éclairante, à mon sens, métaphore du sport. S’intéresser et s’animer pour ces « chefs-d’œuvre » annoncés au grand public chaque semaine par les médias, c’est comme se promener dans des parcs publics pour assister à des matchs de tennis, de basket ou de foot joués par des gens ordinaires.

Il arrive, bien sûr, qu’on voit de très belles choses, parfois même extraordinaires, et vous êtes là, le seul spectateur de ces exploits mémorables – pas de journalistes, ni radio, ni télévision pour en témoigner et consacrer tant de beauté. Généralement toutefois cela n’est pas le cas : après dix minutes d’un match de tennis entre joueurs ordinaires vous vous en allez et continuez votre marche dans le parc sans ressentir le moindre intérêt pour l’identité des ces joueurs ni d’envie de retourner les voir la semaine suivante. Si l’industrie culturelle ne vous proposait pas, par des annonces qui résonnent dans un cellulaire au fond même de vos poches, cette série sans fin de génies inouïs et talents sublimes, vous ne leur accorderiez pas plus de temps et d’argent que ce que vous faites avec les joueurs du parc public. La conclusion de tout ça?

La conclusion, c’est que toute activité ludique-artistique nous fait plaisir, indépendamment de la valeur (essentiellement économique) que lui accordent ceux qui ont le pouvoir de le faire. L’art qui vraiment nous atteint, nous émeut et nous transforme, est rare et il ne se manifeste pas ponctuellement chaque semaine. Malgré ce don, il faudrait pas en faire un objet de culte ou d’adoration, il suffit de le reconnaître. Le reste n’est que du jeu commun.

Le camp

Karim Moutarrif

Le camion roulait vers le nord dans un bruit assourdissant.

Le Bureau du Socle planifiait la répartition des avatars hors de la ville pour entretenir l’image de netteté. Ils dérangeaient le regard dans une cité que le Socle avait mis des années à nettoyer et (au XIX siècle déjà …. . Il avaient pensé épurer ). Il y avait l’armée d’aiguillage qui orientait les avs , raccourci d’avatar qu’on appelait aussi les zavs. Pour les rabattre sur les Convergences, mot poétique pour désigner les lieux de concentration avant de les envoyer hors de la ville. Ces lieux étaient d’une architecture soignée avec beaucoup de verre par des architectes du Système, vague confrérie des gens au Pouvoir.

Photo: Pierlucio Pellissier

La soha qui assurait l’opération séduction à l’accueil, avait la voix suave pour attendrir, pour transporter les êtres vers une projection de leur manque. On les contrôlait par leur sexualité. Il n’y avait que des sohas pour les zavs au masculin, les plus nombreux…. Entre les mains de ces femmes ils se faisaient déshabiller, éplucher. Identifier. C’était scientifique. Ils quittaient les sohas après avoir tout décliné pour rejoindre les autres. Après avoir regroupé les zavs dans une place du centre de la cité on les convoyait vers le camp.

Le redem principal qui reçoit a un rictus qui exprime toute sa haine envers les derniers humains. Il peut difficilement le cacher. Il ne contrôle pas son langage corporel.

Ce n’est pas un langage que j’avais inventé, j’avais déjà du mal avec ceux que j’avais appris et dont la perfection était encore loin d’être atteinte. Non, c’était le nouveau langage de ces gens qui nous recevaient et qui voulaient que nous soyons convaincus qu’ils nous voulaient du bien.

C’est pour ça qu’on l’avait choisi. Il était descendant d’un peuple qu’on avait soumis et dont on avait fait des mercenaires redoutables, une fois retournés. Comme les janissaires par exemple.

Le pacte du désespoir, lien secret entre tous les zavs fut la confrérie virtuelle que nous créâmes spontanément. Elle servait à canaliser notre cynisme. Elle dura le temps d’un séjour pendant lequel on finit par disséminer la plupart d’entre nous. Nous perdîmes nos traces mutuelles. Mais elle nous permit de résister, de rêver pendant tout ce temps là.

Le Camp, les hautes grilles, le projet financé par le Conseil Suprême de la Cité, tout cela semblait juste irréel. Le camp était disposé pour tout voir, pour ne pouvoir rester nulle part.

La nuit dans le camp, les lumières étaient partout, j’avais écris ça il y a longtemps dans un poème, dans une dictature. Au-delà de vingt-deux heures, la fermeture électronique de la porte s’effectuait.

Les grilles au dessus de la tête qui surplombait cette fausse allée couverte avec le fantôme du sourire cynique de l’architecte, laissaient passer l’eau. Les consignes avaient été claires, la pluie devait nous chasser dès la sortie des chambrées qui donnaient de plain pied sur l’extérieur. Les chambrées étaient constituées de trois box étroits. Le placard individuel n’avait qu’une porte qui s’ouvre et qu’une étagère. L’autre étant vissée. Les noms tournoient dans ma tête, Didr, Hub, Rikh, Heik, Khal et Maik et les autres. Mais combien de cohortes avaient déjà transité par ce lieu. Et Virgi l’égaré de la vie, à qui on administrait de la dope légalisée en comprimés et qui cachait sa bonbonne de vin dans son placard, derrière la porte vissée. Une substance illicite selon le règlement qui nous avait été dicté par Rictus, au moment de notre arrivée.

Photo: Pierlucio Pellissier

Errant dans la cour, clignant des yeux bizarrement chaque fois qu’il voulait parler et même quand il ne parlait pas, il avait fini là après la mort de sa dulcinea avec qui il avait vécu quarante cinq ans de sa vie. Dans d’autres lieux, il aurait été vénéré comme un sage, mais ça c’était il y a longtemps.

Joph l’enfant candide à jamais, perdu depuis ces colonies de vacances en pleine campagne où on en profitait pour exploiter les enfants, était un « entre-deux », terme qui qualifie les rejetons de couples « mixtes », comme dans mixer. Il n’est rien sorti de concret du mixage et l’enfant se perdit à vie. Joph avait quand même gardé un éternel sourire candide accroché à sa face, c’était sa carte de visite.

Le camion roulait vers le nord dans un bruit assourdissant.

Reimi, l’éternel réfugié dandy, coincé là, évadé d’une dictature, tentant d’aller ailleurs, soignait sa personne, se pavanant comme un prince. J’appris plus tard qu’il avait prêté main forte à l’horreur. Avec des habits luxueux.

Mizal et Ton avaient échappé à un génocide pour leur religion. D’autres avaient échoué là au bout d’une sélection redoutable qui les a disqualifiés. Ils venaient d’autres villes où le Socle les avait refusés.

Tant qu’il faisait beau, on ne sentait rien, le camp ressemblait à une colonie de vacances. La salle de télé et l’autre, deux espaces qui ne pouvaient même pas nous contenir, nous narguaient. Pendant les beaux jours, après la fermeture du camp, nous restions dehors tard a parler.

Touperdre la belle, cette ville où pour la première fois de ma vie des rues, des bâtisses, des pierres et des briques rouges m’ont parlé. Les humains eux, étaient plus fluides.

Nous les zacotés, nous avions le droit de nous y promener le jour, pour y améliorer notre quotidien. Entre une multitude de formalités qui nous laissaient sous la vigilance des différents appareils de contrôle disséminés dans cette cité du passé.

J’ai fait grève, j’avais toute la latitude pour le faire

Toutes ces pensées se bousculaient dans ma mémoire et j’avais ce papier roulé en boule au fond de ma main que je tenais serré. Ton me l’avait glissé dans les mains juste avant d’embarquer il y a deux semaines. Ton était très nerveux pendant tout son séjour. Nous avions tout de suite sympathisé mais il devait être transféré ailleurs, il ne savait pas où. Il n’avait pas confiance, tout était opaque ici, comme si la moindre information claire pouvait perturber l’ordre établi.

Ils étaient les seuls à connaître les destinations. Ils nous habituaient à ne pas nous en préoccuper. Ça c’était quand le camion venait récupérer les désignés pour un autre camp, on savait jamais lequel.

Ils traquaient la matière insolite, la matière illicite. C’était écrit en gras et souligné dans ce qu’ils appelaient l’ « engagement », papier au bas duquel nous avons tous signé sans vraiment tout comprendre. Ils savaient de quoi ils parlaient mais c’était insaisissable. Tous les zavs, dès qu’ils pouvaient s’en procurer, s’évadaient virtuellement. Le redem avait beaucoup de mal à contrôler cela, d’un autre côté, il savait que cette évasion permettait de tenir un peu plus les zavs.

J’ai émergé avec la gueule de bois dans cette chambre que je ne connaissais pas. Je me suis levé paniqué et j’ai pivoté vers la table de nuit. J’ai ouvert le tiroir pour vérifier si le papier défroissé y était toujours. Hier avant de m’écrouler, j’avais fermé la porte à clé et j’avais déposé cette tranche d’arbre maintenant blanchie puis jaunie et froissée.

Je voulais remettre en place la cohue des événements qui avait assaillie ma tête au cours de ces derniers mois. Comment je m’étais fait prendre dans l’engrenage.

Je me souviens de l’accueil par cette soha, aimable et belle et des yeux d’un bleu à vous endormir toute méfiance. Il y avait beaucoup de séduction dans son échange, elle me dorlotait presque après m’avoir installé et offert une boisson chaude. Elle me parla avec douceur pendant qu’elle enregistrait mes réponses sur son Takefive, la dernière génération la plus sophistiquée, pour faire le suivi des Zavs, selon leur terminologie sidérale, clientèle avec laquelle elle traitait exclusivement.

Le Socle avait élaboré une nouvelle politique pour garder la ville dans une esthétique irréprochable. C’est vrai que tous ces nouveaux termes nous faisaient tourner la tête, mais nous fûmes assurés que cela était pour une efficacité meilleure, à notre avantage.

La première fois que je fus convoqué au Camp, je crus me tromper en voyant ces hautes grilles peintes en blanc et le reste de l’immense enclos avec des hangars très hauts et des camions alignés là bas au fond. Une autre grille séparait cet espace là de celui où nous fûmes confinés. Parfois la nuit dans des moments d’insomnie, j’ai marché le long de l’enclos, comme un robot, en suivant ses angles sans pitié. Le grillage était suffisamment haut pour décourager d’éventuelles extrusions. L’été, il faisait beau et nous restions tard le soir à blaguer où à jouer de la musique mais l’hiver venu, le dehors devint hostile à tout regroupement.

Ils nous avaient réunis dans une salle étroite pour nous demander de faire le bilan de notre vie et nos projections pour le futur. A la suite de quoi nous passerions par un interrogatoire individuel pour nous aider à redevenir productifs et rejoindre la cohorte des consommateurs, le chemin du bonheur.

Dans l’intitulé il y avait discrètement, en sous titre, écrit « rééducation ». J’avais tiqué mais on m’a dit qu’il y avait des avatars qui étaient des cas plus lourd, nécessitant d’autres techniques d’intervention. Le propos tenait du martial. Tout cela était bien compliqué pour ma petite tête, j’ai dit d’accord pour avoir la paix et voir la suite. Nous aurions une rencontre par mois pour rendre compte de l’évolution de nos projections. Ils seront trois : un homme, le capo au rictus, que nous avons fini par baptiser Rictus, et deux femmes. C’est lui qui menait la valse des questions. Il était assis sur le fauteuil le plus confortable proche de l’écran. Les deux autres étaient assises sur des chaises. L’une était son ombre et l’autre était une apprentie redem. Il ne se gênait pas parfois pour être indiscret voire même franchement inquisiteur. Si l’évolution de nos projets personnels ne leur plaisait pas nous encourions d’être exclus, renvoyés dans la lande. Comme celle du roi Lear.

Le camion roulait vers le nord dans un bruit assourdissant.

Le jour de la rencontre était toujours appréhendé. J’avais entendu ses collègues le railler en l’appelant le « sélectionneur », à mon oreille cela a sonné comme exterminateur. Il nous avait confié qu’il prenait à cœur sa tâche. Il avait été recruté pour faire un « nettoyage social dans la structure », devant quelques uns d’entre nous fasciné : nous ne comprenions pas ce qu’il voulait dire. Ou peut être était il sous acide ? Ou peut être « nous » n’avions rien compris. Il avait tous les pouvoirs et ses yeux verdoyants n’étaient pas clairs. Tout passait par lui et l’Organisation, considérait qu’il faisait un excellent travail. En même temps, il savait trop de choses, c’était sa force et sa faiblesse et il pouvait disparaître, lui aussi, du jour au lendemain. Il serait broyé par la logique de la machine qu’il aura soutenue avec tant de zèle. Pour cette raison là, son choix professionnel faisait pitié tant il était aléatoire. En attendant il se la jouait.

Il se trouvait que Rictus ne m’aimait et cela ne présageait rien de bon.

Cela se révéla le jour où il me convoqua pour m’annoncer que ma conduite n’était pas conforme au Plan d’Ajustement du Socle et que mon transfert était imminent. Il voulait « avoir ma peau », comme on disait et il savait de quoi il parlait. Nous aussi, dans ses moments de tentative de rapprochement, il se laissait aller à décrire des bribes de son travail.

Il opérait à la machette.

Photo: Pierlucio Pellissier

Le camion s’était ébranlé à la tombée de la nuit et le bruit infernal de son moteur qui couvrait tout, interdisait tout échange avec les autres transférés. Nous étions assis sur des bancs encore faits de bois, très inconfortables, encadrés par des redems.

C’est au moment où l’engin s’est arrêté, pendant que les redems étaient parti vers l’avant pour discuter du plan de route avec le pilote. Celui-ci s’était trompé. C’est à ce moment que, poussé par une violente envie de liberté que je me suis déclenché. Comme un singe, je sautais du camion, dévalais le fossé pour remonter et disparaître dans la nuit. Ils n’avaient eu le temps de rien voir, cela m’avait pris quelques secondes. J’avais quelques minutes devant moi avant qu’ils ne réalisent. Quelques minutes précieuses pour sortir de leur champ d’action. Je savais qu’ils avaient peur de la lande et qu’ils ne prenaient aucun risque. En plus des transférés dont ils avaient la garde. J’ai couru au jugé pendant un temps interminable, j’avais les poumons en feu. Quand je me suis arrêté pour souffler, assuré que personne ne m’avait suivi, j’entendis au loin, dans la nuit, le camion repartir. Cette fois j’étais sûr qu’ils ne me chercheraient plus, j’avais le reste de la nuit pour trouver un refuge.

De ma fenêtre je regardais les flocons s’accumuler et la neige couvrir tranquillement la terre. J’avais le regard perdu. Je m’en souviens. Je revoyais ça de loin. Je venais d’échapper à une machine impitoyable. J’avais réussi à embarquer sur un bateau, en trompant les détecteurs et à la vigilance des gardes.

Quand je repensais à eux, j’avais toujours un pincement au cœur. Ils étaient si braves, si généreux. Nous étions beaucoup, nous nous reverrions jamais. Nous nous étions perdus. Mais la confrérie avait entretenu un rêve.

Nous nous retrouvions au restaurant, dans la ville civilisée, où Didr travaillait, nous dépensions nos quelques écus dans quelques bons repas bien arrosés. Les dernières jouissances sur lesquelles nous avions encore un contrôle.

THE MATERIAL SIDE OF THE IMMATERIAL. Facebook’s true nature

Lamberto Tassinari

Face and Book. Two powerful, divine words. The human Face, what is more meaningful, deep and troubling than our “face”?

The Book, what’s more essential to us than the concentrate of all human knowledge?

Antonin Artaud, the visionary, wrote

 (…) le visage humain n’a pas encore trouvé sa face (…) la face humaine telle qu’elle est se cherche encore avec deux yeux, un nez, une bouche, / et les deux cavités auricuaires qui répondent aux trous des orbites comme les quatre ouvertures du caveau de la prochaine mort. / Le visage humain porte en effet une espèce de mort perpétuelle sur son visage / dont c’est au peintre justement à le sauver / en lui rendant ses propres traits…

Sacred face though, it is the mirror on which the invisible inside sends signs to the eyes and to the expressive little wrinkles on the side of your mouth. Our face has been kidnapped by the market and, together with the book, became the appealing symbol, the web in which two billion souls got entangled. Instant communication and exposure of the self were the dreamlike promises.

 

Everyone could finally tell their stories, show their faces and have, in exchange, multitudinous stories and faces from the wide world. A nightmare is a dream turned awry and that is what happened: the pure immaterial creation gave birth to the usual, heavy, mercantile output. As everything in our capitalistic civilization is driven by profit, Facebook’s ugly face was absolutely predictable.  Guy Debord verily asserted in 1967 «Economy transforms the world, but it only transforms it in the world of economy”. He perfectly described the condition of our extreme alienation in which we are living « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images.». Which is the portrait of Facebook’s actual functioning. The new financial, immaterial capitalism extended its dominion at the planetary level with means fifty years ago still unknown to Debord but that he could perfectly foresee : « Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image », prophetically announcing Facebook’s empire:« Le spectacle est le moment où la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale. » Merchandise has filled our entire existence: our inner selves confessed everything – desires and data – to Facebook which treated all of this, rightly, as goods.

We are in such a dystopian condition that utopia becomes, once again, the only option. Utopian democracy which will be reality only when the economy would have lost its monetary meaning and all its primitive components – work, value, merchandise, money – will vanish with all the monsters born within the world of economy.

 

 

AVANGUARDIA ITALIANA. All’indomani delle elezioni politiche

Lamberto Tassinari

Lo Stato italiano è lo Stato di Pulcinella, dove nessuno comanda perché un’infinità di irresponsabili comandano, dove nessuno crea, perché gli incompetenti riddano attorno agli stipendi e alle sinecure, dove il domani è buio perché non esiste un’attività generale organizzata che segua rettilineamente una via conosciuta.

È il paese del disordine permanente, della censura permanente, dello stato d’assedio permanente, anche se decreti e disposizioni particolari annunziano, confermano, ripetono, avvertono, assicurano. 

[Antonio Gramsci] Non firmato, Avanti!, edizione piemontese, 30 gennaio 1919

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Montreal, 8 marzo 2018

Non è la “fine della Storia” ma l’epilogo di un capitoletto meridionale della modernità. Penso da anni che l’Italia sia effettivamente avanti, voglio dire che sia all’avanguardia nel processo di dissoluzione delle democrazie capitalistico-parlamentari avanzate. Per questo tipo di società moderne non ci sono mille modi diversi di degradare e dunque il degrado prodottosi in Italia negli ultimi settant’anni può essere visto come un modello la cui validità è universale.

Prendiamo il disincanto per la politica politicante. In anni recenti il distacco e in misura crescente il rifiuto della politica da parte di un’importante porzione della società civile, è diventato un fenomeno macroscopico in quasi tutte le società del tipo avanzato. Bene, in Italia, questo divorzio tra società e politica esiste da sempre è, addirittura, il fondamento stesso della cultura politica italiana. L’ingovernabilità dell’Italia prelude a una crisi strisciante del rapporto tra società civile e istituzioni politiche negli altri paesi, crisi destinata a esplodere drammaticamente proprio dove lo Stato borghese si è affermato più saldamente. In Italia invece, non può esserci dramma, come all’Opera – canta Lucio Dalla – da noi, “ogni dramma è un falso”.

La crisi consiste piuttosto in un lento sbriciolamento, in una liquefazione delle istituzioni politiche di cui ora, con il “trionfo” (come scrivono i giornali) del Movimento 5stelle, stiamo vivendo l’epilogo. Nella società nata dal Risorgimento, la Sinistra è stata un’esagerazione, un’immaginazione dall’inizio alla fine. È stata una finzione nel senso che dice Giulio Bollati quando descrive un proletariato immaginato dalle avanguardie socialiste verso la fine dell’Ottocento in un paese che non possedeva ancora le condizioni di capitalismo maturo, dunque in cui un proletariato ancora non esisteva.

L’Italia si rivela come il «caso» capace di descrivere la putrefazione di una forma di governo, la democrazia parlamentare ma non offre la minima traccia di quello che sarà il futuro politico della civiltà “occidentale”.

Interno di sinistra

Il tutto avviene oggi per l’azione di quel movimento ineffabile il cui slogan più esaltante è stato il “Vaffanculo Day”. Io non so chi sia Di Maio. Del fondatore del Movimento, Beppe Grillo, ricordo gli orgasmi anti consumistici, la foga contro il teatrino della politica del comico curiosamente impegnato ma comunque, seducente all’epoca cattocomunista. Berlusconi lo conosco un po’meglio, ho scritto qualcosa di incompiuto sulla saga di Forza Italia e conservo una copia di “Una storia italiana” il rotocalco dell’apoteosi dell’uomo di Arcore pubblicato dalla sua Mondadori nel 2001. Di Salvini conosco solo la faccia e mi basta. Dei politici protagonisti di queste elezioni so questo o poco più ma anche questo basta per dire che l’epilogo è il prodotto esatto del tempo passato, l’effetto immancabile delle cose avvenute. L’Italia infine è (putre) fatta e gli italiani pure.

 

 

 

 

Con tus besos

Giuseppe A. Samonà
Photo: Sophie Jankélévitch

Tienen el mismo olor, las mismas expresiones, incluso las mismas características físicas – sucede a quienes comparten la existencia cotidiana por muchos años, quizás desde el principio. (Viven muy cerquita del monte donde Moisés recibió sus palabras de piedra). Por la mañana, cuando se despierta – duermen el uno al lado del otro –, el hombre es la primera cosa que ve. De rodillas, la cara peluda hacia adelante, los labios salientes entreabiertos, los ojos medio cerrados, el animal huele al humano, reconociéndose a sí mismo, y espera; el humano, de rodillas, los labios, la barba hacia adelante, hace lo mismo. Esperan – en el cielo están todavía las estrellas. Luego, suavemente se acercan, el hocico del uno y el rostro del otro, sus labios se rozan, se demoran, las puntas de sus lenguas se levantan temblando en el aire, inmensa como el desierto es la lengua del camello, pequeña y sin embargo idéntica la lengua del hombre, y aquí está… contacto: delgadamente forman un puente, como si fuera un juego, o tal vez para renovar el pacto, la alianza – antes que el sol apenas nacido por el horizonte pase por encima de la gran piedra y resucite las dunas.

(¿El universo sería un único y repetido movimiento? Mientras un nuevo día empieza en el reino desierto del hombre y del camello, en el momento exacto en que las puntas de sus lenguas se levantan, en la plaza central de un pueblito en el centro de otro desierto, donde el nuevo día todavía no ha llegado y no se sabe si jamás llegará, un hombre y una mujer se levantan de sus sillas de piedra, y se acercan el uno a la otra como si fueran ellos mismos lenguas – acaso sean dos hombres, dos mujeres, en la noche no se puede ver, no importa… Y aquí está… contacto: las lenguas del hombre y del camello, el abrazo que de dos hace uno, la aguja que cae sobre el vinilo y empieza a producir las notas de un vals ♫…)[1]

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[1] Écrire dans une autre langue c’est toujours réinventer une histoire…