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Le camp

Karim Moutarrif

Le camion roulait vers le nord dans un bruit assourdissant.

Le Bureau du Socle planifiait la répartition des avatars hors de la ville pour entretenir l’image de netteté. Ils dérangeaient le regard dans une cité que le Socle avait mis des années à nettoyer et (au XIX siècle déjà …. . Il avaient pensé épurer ). Il y avait l’armée d’aiguillage qui orientait les avs , raccourci d’avatar qu’on appelait aussi les zavs. Pour les rabattre sur les Convergences, mot poétique pour désigner les lieux de concentration avant de les envoyer hors de la ville. Ces lieux étaient d’une architecture soignée avec beaucoup de verre par des architectes du Système, vague confrérie des gens au Pouvoir.

Photo: Pierlucio Pellissier

La soha qui assurait l’opération séduction à l’accueil, avait la voix suave pour attendrir, pour transporter les êtres vers une projection de leur manque. On les contrôlait par leur sexualité. Il n’y avait que des sohas pour les zavs au masculin, les plus nombreux…. Entre les mains de ces femmes ils se faisaient déshabiller, éplucher. Identifier. C’était scientifique. Ils quittaient les sohas après avoir tout décliné pour rejoindre les autres. Après avoir regroupé les zavs dans une place du centre de la cité on les convoyait vers le camp.

Le redem principal qui reçoit a un rictus qui exprime toute sa haine envers les derniers humains. Il peut difficilement le cacher. Il ne contrôle pas son langage corporel.

Ce n’est pas un langage que j’avais inventé, j’avais déjà du mal avec ceux que j’avais appris et dont la perfection était encore loin d’être atteinte. Non, c’était le nouveau langage de ces gens qui nous recevaient et qui voulaient que nous soyons convaincus qu’ils nous voulaient du bien.

C’est pour ça qu’on l’avait choisi. Il était descendant d’un peuple qu’on avait soumis et dont on avait fait des mercenaires redoutables, une fois retournés. Comme les janissaires par exemple.

Le pacte du désespoir, lien secret entre tous les zavs fut la confrérie virtuelle que nous créâmes spontanément. Elle servait à canaliser notre cynisme. Elle dura le temps d’un séjour pendant lequel on finit par disséminer la plupart d’entre nous. Nous perdîmes nos traces mutuelles. Mais elle nous permit de résister, de rêver pendant tout ce temps là.

Le Camp, les hautes grilles, le projet financé par le Conseil Suprême de la Cité, tout cela semblait juste irréel. Le camp était disposé pour tout voir, pour ne pouvoir rester nulle part.

La nuit dans le camp, les lumières étaient partout, j’avais écris ça il y a longtemps dans un poème, dans une dictature. Au-delà de vingt-deux heures, la fermeture électronique de la porte s’effectuait.

Les grilles au dessus de la tête qui surplombait cette fausse allée couverte avec le fantôme du sourire cynique de l’architecte, laissaient passer l’eau. Les consignes avaient été claires, la pluie devait nous chasser dès la sortie des chambrées qui donnaient de plain pied sur l’extérieur. Les chambrées étaient constituées de trois box étroits. Le placard individuel n’avait qu’une porte qui s’ouvre et qu’une étagère. L’autre étant vissée. Les noms tournoient dans ma tête, Didr, Hub, Rikh, Heik, Khal et Maik et les autres. Mais combien de cohortes avaient déjà transité par ce lieu. Et Virgi l’égaré de la vie, à qui on administrait de la dope légalisée en comprimés et qui cachait sa bonbonne de vin dans son placard, derrière la porte vissée. Une substance illicite selon le règlement qui nous avait été dicté par Rictus, au moment de notre arrivée.

Photo: Pierlucio Pellissier

Errant dans la cour, clignant des yeux bizarrement chaque fois qu’il voulait parler et même quand il ne parlait pas, il avait fini là après la mort de sa dulcinea avec qui il avait vécu quarante cinq ans de sa vie. Dans d’autres lieux, il aurait été vénéré comme un sage, mais ça c’était il y a longtemps.

Joph l’enfant candide à jamais, perdu depuis ces colonies de vacances en pleine campagne où on en profitait pour exploiter les enfants, était un « entre-deux », terme qui qualifie les rejetons de couples « mixtes », comme dans mixer. Il n’est rien sorti de concret du mixage et l’enfant se perdit à vie. Joph avait quand même gardé un éternel sourire candide accroché à sa face, c’était sa carte de visite.

Le camion roulait vers le nord dans un bruit assourdissant.

Reimi, l’éternel réfugié dandy, coincé là, évadé d’une dictature, tentant d’aller ailleurs, soignait sa personne, se pavanant comme un prince. J’appris plus tard qu’il avait prêté main forte à l’horreur. Avec des habits luxueux.

Mizal et Ton avaient échappé à un génocide pour leur religion. D’autres avaient échoué là au bout d’une sélection redoutable qui les a disqualifiés. Ils venaient d’autres villes où le Socle les avait refusés.

Tant qu’il faisait beau, on ne sentait rien, le camp ressemblait à une colonie de vacances. La salle de télé et l’autre, deux espaces qui ne pouvaient même pas nous contenir, nous narguaient. Pendant les beaux jours, après la fermeture du camp, nous restions dehors tard a parler.

Touperdre la belle, cette ville où pour la première fois de ma vie des rues, des bâtisses, des pierres et des briques rouges m’ont parlé. Les humains eux, étaient plus fluides.

Nous les zacotés, nous avions le droit de nous y promener le jour, pour y améliorer notre quotidien. Entre une multitude de formalités qui nous laissaient sous la vigilance des différents appareils de contrôle disséminés dans cette cité du passé.

J’ai fait grève, j’avais toute la latitude pour le faire

Toutes ces pensées se bousculaient dans ma mémoire et j’avais ce papier roulé en boule au fond de ma main que je tenais serré. Ton me l’avait glissé dans les mains juste avant d’embarquer il y a deux semaines. Ton était très nerveux pendant tout son séjour. Nous avions tout de suite sympathisé mais il devait être transféré ailleurs, il ne savait pas où. Il n’avait pas confiance, tout était opaque ici, comme si la moindre information claire pouvait perturber l’ordre établi.

Ils étaient les seuls à connaître les destinations. Ils nous habituaient à ne pas nous en préoccuper. Ça c’était quand le camion venait récupérer les désignés pour un autre camp, on savait jamais lequel.

Ils traquaient la matière insolite, la matière illicite. C’était écrit en gras et souligné dans ce qu’ils appelaient l’ « engagement », papier au bas duquel nous avons tous signé sans vraiment tout comprendre. Ils savaient de quoi ils parlaient mais c’était insaisissable. Tous les zavs, dès qu’ils pouvaient s’en procurer, s’évadaient virtuellement. Le redem avait beaucoup de mal à contrôler cela, d’un autre côté, il savait que cette évasion permettait de tenir un peu plus les zavs.

J’ai émergé avec la gueule de bois dans cette chambre que je ne connaissais pas. Je me suis levé paniqué et j’ai pivoté vers la table de nuit. J’ai ouvert le tiroir pour vérifier si le papier défroissé y était toujours. Hier avant de m’écrouler, j’avais fermé la porte à clé et j’avais déposé cette tranche d’arbre maintenant blanchie puis jaunie et froissée.

Je voulais remettre en place la cohue des événements qui avait assaillie ma tête au cours de ces derniers mois. Comment je m’étais fait prendre dans l’engrenage.

Je me souviens de l’accueil par cette soha, aimable et belle et des yeux d’un bleu à vous endormir toute méfiance. Il y avait beaucoup de séduction dans son échange, elle me dorlotait presque après m’avoir installé et offert une boisson chaude. Elle me parla avec douceur pendant qu’elle enregistrait mes réponses sur son Takefive, la dernière génération la plus sophistiquée, pour faire le suivi des Zavs, selon leur terminologie sidérale, clientèle avec laquelle elle traitait exclusivement.

Le Socle avait élaboré une nouvelle politique pour garder la ville dans une esthétique irréprochable. C’est vrai que tous ces nouveaux termes nous faisaient tourner la tête, mais nous fûmes assurés que cela était pour une efficacité meilleure, à notre avantage.

La première fois que je fus convoqué au Camp, je crus me tromper en voyant ces hautes grilles peintes en blanc et le reste de l’immense enclos avec des hangars très hauts et des camions alignés là bas au fond. Une autre grille séparait cet espace là de celui où nous fûmes confinés. Parfois la nuit dans des moments d’insomnie, j’ai marché le long de l’enclos, comme un robot, en suivant ses angles sans pitié. Le grillage était suffisamment haut pour décourager d’éventuelles extrusions. L’été, il faisait beau et nous restions tard le soir à blaguer où à jouer de la musique mais l’hiver venu, le dehors devint hostile à tout regroupement.

Ils nous avaient réunis dans une salle étroite pour nous demander de faire le bilan de notre vie et nos projections pour le futur. A la suite de quoi nous passerions par un interrogatoire individuel pour nous aider à redevenir productifs et rejoindre la cohorte des consommateurs, le chemin du bonheur.

Dans l’intitulé il y avait discrètement, en sous titre, écrit « rééducation ». J’avais tiqué mais on m’a dit qu’il y avait des avatars qui étaient des cas plus lourd, nécessitant d’autres techniques d’intervention. Le propos tenait du martial. Tout cela était bien compliqué pour ma petite tête, j’ai dit d’accord pour avoir la paix et voir la suite. Nous aurions une rencontre par mois pour rendre compte de l’évolution de nos projections. Ils seront trois : un homme, le capo au rictus, que nous avons fini par baptiser Rictus, et deux femmes. C’est lui qui menait la valse des questions. Il était assis sur le fauteuil le plus confortable proche de l’écran. Les deux autres étaient assises sur des chaises. L’une était son ombre et l’autre était une apprentie redem. Il ne se gênait pas parfois pour être indiscret voire même franchement inquisiteur. Si l’évolution de nos projets personnels ne leur plaisait pas nous encourions d’être exclus, renvoyés dans la lande. Comme celle du roi Lear.

Le camion roulait vers le nord dans un bruit assourdissant.

Le jour de la rencontre était toujours appréhendé. J’avais entendu ses collègues le railler en l’appelant le « sélectionneur », à mon oreille cela a sonné comme exterminateur. Il nous avait confié qu’il prenait à cœur sa tâche. Il avait été recruté pour faire un « nettoyage social dans la structure », devant quelques uns d’entre nous fasciné : nous ne comprenions pas ce qu’il voulait dire. Ou peut être était il sous acide ? Ou peut être « nous » n’avions rien compris. Il avait tous les pouvoirs et ses yeux verdoyants n’étaient pas clairs. Tout passait par lui et l’Organisation, considérait qu’il faisait un excellent travail. En même temps, il savait trop de choses, c’était sa force et sa faiblesse et il pouvait disparaître, lui aussi, du jour au lendemain. Il serait broyé par la logique de la machine qu’il aura soutenue avec tant de zèle. Pour cette raison là, son choix professionnel faisait pitié tant il était aléatoire. En attendant il se la jouait.

Il se trouvait que Rictus ne m’aimait et cela ne présageait rien de bon.

Cela se révéla le jour où il me convoqua pour m’annoncer que ma conduite n’était pas conforme au Plan d’Ajustement du Socle et que mon transfert était imminent. Il voulait « avoir ma peau », comme on disait et il savait de quoi il parlait. Nous aussi, dans ses moments de tentative de rapprochement, il se laissait aller à décrire des bribes de son travail.

Il opérait à la machette.

Photo: Pierlucio Pellissier

Le camion s’était ébranlé à la tombée de la nuit et le bruit infernal de son moteur qui couvrait tout, interdisait tout échange avec les autres transférés. Nous étions assis sur des bancs encore faits de bois, très inconfortables, encadrés par des redems.

C’est au moment où l’engin s’est arrêté, pendant que les redems étaient parti vers l’avant pour discuter du plan de route avec le pilote. Celui-ci s’était trompé. C’est à ce moment que, poussé par une violente envie de liberté que je me suis déclenché. Comme un singe, je sautais du camion, dévalais le fossé pour remonter et disparaître dans la nuit. Ils n’avaient eu le temps de rien voir, cela m’avait pris quelques secondes. J’avais quelques minutes devant moi avant qu’ils ne réalisent. Quelques minutes précieuses pour sortir de leur champ d’action. Je savais qu’ils avaient peur de la lande et qu’ils ne prenaient aucun risque. En plus des transférés dont ils avaient la garde. J’ai couru au jugé pendant un temps interminable, j’avais les poumons en feu. Quand je me suis arrêté pour souffler, assuré que personne ne m’avait suivi, j’entendis au loin, dans la nuit, le camion repartir. Cette fois j’étais sûr qu’ils ne me chercheraient plus, j’avais le reste de la nuit pour trouver un refuge.

De ma fenêtre je regardais les flocons s’accumuler et la neige couvrir tranquillement la terre. J’avais le regard perdu. Je m’en souviens. Je revoyais ça de loin. Je venais d’échapper à une machine impitoyable. J’avais réussi à embarquer sur un bateau, en trompant les détecteurs et à la vigilance des gardes.

Quand je repensais à eux, j’avais toujours un pincement au cœur. Ils étaient si braves, si généreux. Nous étions beaucoup, nous nous reverrions jamais. Nous nous étions perdus. Mais la confrérie avait entretenu un rêve.

Nous nous retrouvions au restaurant, dans la ville civilisée, où Didr travaillait, nous dépensions nos quelques écus dans quelques bons repas bien arrosés. Les dernières jouissances sur lesquelles nous avions encore un contrôle.

Con tus besos

Giuseppe A. Samonà
Photo: Sophie Jankélévitch

Tienen el mismo olor, las mismas expresiones, incluso las mismas características físicas – sucede a quienes comparten la existencia cotidiana por muchos años, quizás desde el principio. (Viven muy cerquita del monte donde Moisés recibió sus palabras de piedra). Por la mañana, cuando se despierta – duermen el uno al lado del otro –, el hombre es la primera cosa que ve. De rodillas, la cara peluda hacia adelante, los labios salientes entreabiertos, los ojos medio cerrados, el animal huele al humano, reconociéndose a sí mismo, y espera; el humano, de rodillas, los labios, la barba hacia adelante, hace lo mismo. Esperan – en el cielo están todavía las estrellas. Luego, suavemente se acercan, el hocico del uno y el rostro del otro, sus labios se rozan, se demoran, las puntas de sus lenguas se levantan temblando en el aire, inmensa como el desierto es la lengua del camello, pequeña y sin embargo idéntica la lengua del hombre, y aquí está… contacto: delgadamente forman un puente, como si fuera un juego, o tal vez para renovar el pacto, la alianza – antes que el sol apenas nacido por el horizonte pase por encima de la gran piedra y resucite las dunas.

(¿El universo sería un único y repetido movimiento? Mientras un nuevo día empieza en el reino desierto del hombre y del camello, en el momento exacto en que las puntas de sus lenguas se levantan, en la plaza central de un pueblito en el centro de otro desierto, donde el nuevo día todavía no ha llegado y no se sabe si jamás llegará, un hombre y una mujer se levantan de sus sillas de piedra, y se acercan el uno a la otra como si fueran ellos mismos lenguas – acaso sean dos hombres, dos mujeres, en la noche no se puede ver, no importa… Y aquí está… contacto: las lenguas del hombre y del camello, el abrazo que de dos hace uno, la aguja que cae sobre el vinilo y empieza a producir las notas de un vals ♫…)[1]

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[1] Écrire dans une autre langue c’est toujours réinventer une histoire…

 

 

Rencontres d’un nouveau type

Karim Moutarrif

C’est un écrit qui s’étale sur trois décennies, au moment où  une tendance commençait à s’installer dans la société, à l’Ouest. Il y a trente ans déjà…..

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Si je regardais les choses sous emprise, je dirais que je n’ai plus le temps. Je ne connais pas de lieux de rencontres qui soient sains. Je rentre chez moi crevé et je n’ai guère envie de faire du social quand j’ai juste besoin d’écouter mon corps. Mais ma libido me harcèle pour que je lui consacre du temps et j’essaie de le trouver. Alors en attendant de le trouver je parcours de temps en temps des annonces de rencontres. Surtout j’essaie de m’imaginer les portraits de femme sur lesquels je m’attarde. Les descriptions se font toujours en termes élogieux, maniant le verbe à vous en donner le vertige. En quelques phrases lapidaires on vous brosse un portrait. J’ai même entendu parler de compétitions où vous n’aviez que quelques minutes pour séduire votre vis-à-vis. Il fallait être un sacré virtuose et je n’avais pas l’âme adéquate. J’égrenais ces annonces entassées les unes sur les autres, se bousculant pour essayer de passer les unes avant les autres dans un embouteillage réel. Laquelle croire ?

Fantaisie, Nature, BelleDe nos jours, la rencontre se vend sur catalogue. Après la fermeture du petit commerce, ce sont les points de vente qui ont pullulé, puis pour des raisons d’économie, au troisième millénaire, tout s’achète directement de la fabrique, pardon, de l’unité de production. Même les mots avaient changés, tout était en mutation. Comment chacun sait quand on achète sur catalogue, on a souvent des surprises entre la photo, la description et la réalité.

Elle

Fascinante de beauté

D’intelligence

De sensualité

Le silence se fait

Quand elle passe

Dans nos fantasmes nous mettons des mots sur les choses, la plupart du temps sans vraiment y penser. Comme on dit être sexy sans savoir de quoi on parle. A moins qu’on ne veuille détourner l’interdit qui régit la sexualité pour dire quand même quelque chose qu’on ne peut pas nommer, sous peine de sanction.

Moi qui avait passé des années à connaître juste une femme, je me demandais après la fin de cette histoire comment il serait possible de comprendre quelqu’un, d’un simple coup d’œil, en quelques mots de description.  Et si le silence se fait sur son passage c’est parce que les femmes sont des proies. Quand on n’est pas chasseur, on est excommunié, dans une bataille où chacun veut devenir le chef de la meute et les avoir juste pour lui. On pouvait ne pas adhérer. La fin du deuxième millénaire et le début du troisième n’avaient  rien changé à cela pour moi qu avait du mal à communiquer juste avec une personne à la fois.

Sylvie cherche

Un homme à sa mesure.

Comme vous vous feriez tailler un costume sur vos proportions. Sylvie cherche un homme à son niveau de supériorité sociale, sans le dire vraiment. Si l’on fouille un peu, la modestie n’est pas toujours le fort des chasseurs d’ « amour ».  Qu’est ce que l’amour, celui du christ, des ébats sexuels où un sentiment indéfinissable et très prenant qui rend deux êtres dépendants l’un de l’autre. Ou peut-être juste l’un des deux. Un dominant et un dominé,  comme dirait Fassbinder.

Battant, Ambitieux, Attrayant, Patron

Mais en même temps il faut que je me projette comme un homme décrit par une annonce en lisant les portraits que les hommes se font d’eux-mêmes. Tenter d’y trouver ma place tant bien que mal.

Lui

Il a trente ans

Il réalise le tour de force

D’être beau

Grand

Intelligent

Cultivé

…Et charmant

Il a

En dehors

De ses qualités professionnelles

Vingt-deux mille francs

Un humour savoureux

Et de nombreux centres

D’intérêt

Il a une voiture de sport d’un modèle historique, il est toujours bien habillé. Cravaté car il navigue dans le monde des affaires. Pour ma part, ce conformisme de la tenue m’écrasait.

C’est un macho qui se déguise en séducteur. De  séducteur en prédateur. Il accumule un tableau de chasse. Comment cela se gère t’il sur toute une vie.

Je le connais. Je les connais. Je connais mes congénères au point d’être dégoûté de leur humour misogyne. Je savais ce que la gent féminine ne savait pas et comment nous étions égarés nous les hommes, avec nos préjugés.

Nous allons vers des relations de plus en plus plastifiées.

Beau, grand, intelligent, il fait partie d’une élite choisie par le destin pour être un modèle de masculinité. A côté de lui, je ne suis qu’un nabot, disqualifié d’office. Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler beau. Quand je me regarde dans une glace ce n’est pas ce qui m’est renvoyé. Je ne suis pas grand, plutôt dans la moyenne discrète et je ne fais pas de body building. Je n’arrive certainement pas dans le peloton de tête.

Il ou elle adorent

La forte personnalité

Recevoir des amis

Et partager avec eux

Des moments chaleureux

 

Je savais bien que des gens pouvaient s’acoquiner sur de pareilles bases. Se soutenir dans leurs croyances. Elle se maquille parce que dans sa tête, il est profondément ancré qu’elle doit lui plaire mais lui ne se colorie jamais. Elle s’épille, il exhibe le système pileux de son thorax qui le fait ressembler à son ancêtres. Des moments où on se montre socialement. Des moments où l’on montre ce que l’on veut.  Comment on voudrait être vu sans accéder à la face cachée de la lune que l’on a du mal à regarder. L’image fugace et factice sans jamais parler vrai. La vie comme un show, tout dans l’apparence. Mon vieux grigou de grand-père, qui en a collectionné des blondes, c’était dans les mœurs, disait « Ô toi le décoré de l’extérieur, comment vas-tu à l’intérieur ». Quant à ma personnalité, j’étais plutôt du genre à raser  les murs en évitant les grands débats. Je n’ai pas beaucoup d’amis mais je partage quand même avec eu des moments chaleureux sans faire de bruit.

Vous possédez

Classe

Éducation

Et vous êtes décidés

A réussir votre vie

Dans tous les domaines

Vous seul(e) manquez.

A son bonheur

Laponie, Hiver, Jeris, La Neige, Paysage

La classe et l’éducation, on y croit à vingt ans, quelques années plus tard c’est déjà du mensonge. Avec les années la scoliose ressort et on ne la cache plus, elle fait partie du portrait. Les prolétaires n’ont aucune chance, ce qui laisse la place aux autres. Ceux qui à force d’entraînement l’on acquise à l’arraché. Je n’avais pas le pouvoir du rouleau aplatisseur  et je ne pouvais m’étendre sur plus que quelques domaines de la vie. Mon amplitude était ainsi très limitée. Je ne pouvais pas prétendre au challenge et je ne comprenais pas ce que voulais dire réussir sa vie, puisqu’elle n’avait rien d’un examen. Je la voyais plus comme un parcours d’obstacle et il n’était pas évident de pouvoir tous les éviter.

Mais elle était belle, elle, et elle me donnait du bonheur dans son infinie rigueur.

Sans parler de décider, avions nous vraiment la maîtrise des décisions que nous prenions, j’étais plus calculateur, je procédais comme d’antan les oracles. Je me disait ni oui ni non, j’attendais le vent favorable et parfois la mer était d’huile. Je serais plus du genre à faire les courses solitaires autour du monde dans l’océan de ma tête.

Elle

Très belle

Brune

Élégante

Et raffinée

Laborantine

La blondeur des blés mûrs

Un regard bleu de mer

La poésie est difficile à gérer tous les jours et l’inspiration peu propice à la traque. Elle était plutôt fluide, difficile à piéger Pour ce qui est des blés mûrs je ne les voyais qu’à une période de l’année. Quelquefois la sécheresse les brûlait dès le mois d’avril, sur les terres arides. Avec le temps elle se fanait. Dans un regard bleu de mer je me perdais comme dans un océan, il ne m’en fallait pas beaucoup. Mais une fois perdu, cela prenait du temps pour me retrouver. Le raffinement  coûtait de l’argent et les milliards de pauvres de la planète passaient à côté sans le voir. Toute une vie.

Lui

Directeur de société

Grand

Bel homme

Trente huit ans

A l’excellente présentation

Classique

Plein d’énergie

D’humour

De punch

La routine n’est pas faite pour lui.

Il faut avoir l’air d’un pistolero, capable de dégainer plus vite que son ombre. Les femmes aiment ça, paraît il. Mais tous les hommes n’étaient pas des guerriers. J’étais plutôt du côté de l’intendance prenant un réel plaisir à faire la cuisine comme on compose des morceaux de musique. J’étais au pire aller un homme de troupes, un fantassin à qui la direction des choses échappait totalement. Mon énergie était fluctuante comme le climat et je faisais de l’humour noir quand j’étais en forme. La routine plus forte que moi, m’emportait et j’attendais toujours la sortie de l’œil du cyclone.

Il et elle voudraient

Créer un foyer

Chaleureux

Et accueillant

Où chacun trouve

Sa place

Et son sens

Mais en fait, une fois les masques abattus, ne seraient ils pas en quête de tendresse ? Nous étions tous des cro-magnons dissimulés, à la recherche du feu, pour lutter contre le froid de l’hiver et de l’humanité contradictoire. A la recherche de bras pour nous enlacer, de corps pour se réchauffer.

Lui

Intelligent

Cultivé

Que tout intéresse

Elle

Blonde

Aux yeux pétillants

Te dit à demain

Vu sous cet angle, c’est un couple prometteur qui se profile, entre intentions et réalité. Je ne dirais pas à demain à n’importe qui, après juste un clin d’œil, de peur de brûler dans les étincelles d’un regard.

Cher correspondant

Si tu réponds

Nous pouvons

Ensemble

Fonder un foyer harmonieux

Méthode efficace

La vie est une longue partie de poker, en répondant je pourrais perdre. J’aurais trop peur de la prétendue efficacité qui semble de plus en plus balayer nos existences. Je rêvais de rencontres simples, celles de la vie de tous les jours. Mais finalement, nos existences glissaient les unes à côté des autres, visqueuse, insaisissables. Incroyablement muettes.

La multitude accentuait la solitude puisque nous n’avions plus le temps de nous arrêter devant le nombre.

Il connaît

L’art de rester lui-même

En toute circonstance

Et apprécie

Par-dessus tout

Le naturel

L’humour

La simplicité

Vos enfants seront les bienvenus

Il faut aussi parfois passer par les arts martiaux pour jouer, alors que le mensonge faisait partie intégrante de nos vies. Quand on répond ça va alors que ça ne va pas du tout, qu’on ne dit pas tout, de peur de heurter, pour éviter le conflit, pour paraître gentil. Quand tu me dis que je suis beau alors que tu ne le penses pas une seule seconde. Et si les enfants ne m’aiment pas qu’adviendra t’il de notre association.

Bon à découper

Et à retourner au correspondant

Je vous aime numéro 97102

C’est ouvert tous les jours

De dix heures à dix neuf heures

Plus jamais seul(e)

Dès ce soir

D’autres ont réussi

Pourquoi pas vous

Là je voyais des colis avec des étiquettes d’expédition et la journée continue, la semaine sans fin, pour traiter mon cas comme dans une chaîne et comme au loto une probabilité de plus en plus aléatoire. Au même moment les humains étaient devenus  ressources et la solitude un marché planétaire où vendre des antidotes. Comme toutes ces crèmes qui vous rendront votre peau d’hier quand le corps est une machine qui s’use. Comme ces docs qui parcouraient le Nouveau Monde avec des philtres et autres potions et qu’on ne voyait qu’une fois. Après avoir arnaqué le chaland, ils disparaissaient à jamais. La terre était vaste et jonchée de crédules prêts à croire au miracle.

Lune, Couple, Bleu, Amour, Amoureux

Solitaires

Qui cherchent

L’âme sœur

Ayez le réflexe

Anti solitude

Pour réchauffer votre cœur

Cet hiver du troisième millénaire

Qui cherchez vous

Il n’y avait plus de fêtes de village, plus de village, que des images. La solitude était devenue un mal répandu, plus efficace que le sida. Un mal incurable pour lequel on passait des médecins aux marabouts puis aux rebouteux et enfin aux sorciers. Je cherche quelqu’un, je ne sais pas qui,  peut-être pas une bouillotte pour mon cœur. L’hiver viendra me voler une autre année de mon existence, me soumettre à ses exigences.

Belle comme le jour

Et pourtant simple et sans prétention

Ou

Fabien huit ans

Et son père trente septembre

Rech.

Gent.

Et douce maman

Goûts simples

Souriante

Pour repartir

Sérieusement

Elle, fascinante de beauté, d’intelligence, de sensualité. Le silence se fait quand elle passe

Sylvie cherche un homme à sa mesure. Lui il a trente ans, il réalise le tour de force d’être beau, grand, intelligent, cultivé et charmant. Il a, en dehors de ses qualités professionnelles

(3300 dollars par mois), un humour savoureux et de nombreux centres d’intérêt. Il ou elle adorent la forte personnalité, recevoir des amis et partager avec eux des moments chaleureux .Vous possédez classe, éducation et vous êtes décidé à réussir votre vie dans tous les domaines, vous seul(e) manquez à son bonheur.  Elle,  très belle, brune, élégante et raffinée, laborantine, la blondeur des blés mûrs, un regard bleu de mer.

Lui directeur de société, grand, bel homme, trente huit ans, à l’excellente présentation, classique, plein d’énergie,  d’humour, de punch,  la routine n’est pas faite pour lui. Il et elle voudraient créer un foyer chaleureux et accueillant où chacun trouve sa place et son sens

Lui, intelligent, cultivé,  que tout intéresse. Elle, blonde, aux yeux pétillants, te dit à demain, cher correspondant. Si tu réponds,  nous pouvons, ensemble, fonder un foyer harmonieux.

Méthode efficace. Il connaît l’art de rester lui-même en toute circonstance et apprécie par-dessus tout le naturel, l’humour,  la simplicité. Vos enfants seront les bienvenus

Bon à découper et à retourner au correspondant Je vous aime numéro 97102. C’est ouvert tous les jours, de dix heures à dix neuf heures. Plus jamais seul(e), dès ce soir.  D’autres ont réussi,  pourquoi pas vous. Solitaires qui cherchent l’âme sœur, ayez le réflexe anti-solitude

Pour réchauffer votre cœur cet hiver du troisième millénaire Qui cherchez vous ?

Ils se cherchèrent, se trouvèrent dans une nouvelle ère, celle du partenariat. Avec les ressources humaines, le couple devint une entreprise. Ils vécurent six mois, elle tomba enceinte, ils se séparèrent.

Une ère nouvelle venait de se consolider. Celle d’un oxymoron, le couple monoparental.

The illusion to be in touch with

Karim Moutarrif
J’ai écrit ce poème pour décrire les relations inhumaines vers lesquelles nous nous en allons. À la suite de cet écrit il y a des liens avec des chansons de ma composition.
The illusion to be in touch with…

I’m talking to you; you’re in the next room, it’s unbelievable
I imagine you appearing in the door frame with your sweet little face
While you’re thousands of miles away from me
You’re thousands of miles away from me 

The illusion to be in touch with

I cannot feel your breath on my shoulder, I cannot hug you
You write me all that stuff; you became a social network
And you’re thousands of times away from me
You’re thousands of times away from me

The illusion to be in touch with…

Bouquet, Nature, En Bonne Santé

Your smiling face is on the screen and it’s talking to me
It’s pointing the camera with a finger; sounds you’re alive
But you’re thousands of years away from me
You’re thousands of years away from me

The illusion to be in touch with…

I do not trust you anymore but I have to believe
The impression of you, it is all that stays in me
Since you’re thousands of dreams away from me
You’re thousands of dreams away from me
The illusion to be in touch with…

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La suite est une chanson dédiée à Alfred Nobel, ce bienfaiteur de l'humanité qui a vendu tellement d'armes mais qui est mort terriblement seul.

https://www.facebook.com/Tarazoo-226576650731256/

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"Women" est un hommage a ces êtres sans qui la gent masculine n'aurait aucun sans : nos mères, nos sieurs, nos compagnes et nos filles





Du pigeon Jean-François ceci n’est pas l’histoire

Giuseppe A. Samonà
Dessin de Fulvio Caccia

Tu es assise sur ton minuscule balcon, le matin est frais, agréable, et voilà : tu entrevois une silhouette noire là-haut, parmi les feuilles délicates de ton lierre bien aimé, un sac en plastique tombé du balcon de la voisine, penses-tu – pauvre humanité, toujours aveugle… – et tu te lèves pour le saisir, quand, la main arrivée à proximité de la silhouette, et derrière elle les yeux – plus aptes à voir que les mains… – haaa, tu sursautes … Oui, haaa, et non pas blaaa comme on le ferait en se retrouvant face à un cafard ; haaa : dans lequel il y a bien sûr le dégoût, mais aussi la peur, ou qui sait, l’horreur, une horreur ancienne, le souvenir des temps où nous aussi étions dotés d’ailes, de plumes – bien installé parmi les feuilles vertes, avec son œil de verre, épouvantable, il te regarde. Un énorme pigeon. Puis, avec un terrible effort, tu t’arraches à cette terreur pétrifiée – combien de temps a duré le regard de Méduse ?  – tu rentres précipitamment dans la cuisine, tu l’enfermes à l’intérieur, c’est-à-dire, à l’extérieur : le monde entier est une immense prison. Tu attends, lui aussi, tu le regardes, lui aussi, à travers le mur de verre. Finalement, par la porte à peine entrouverte, tu fais passer un balai, et frappes avec violence le pot, et l’énorme pigeon ouvre les ailes, frrrr, frrrrrrrrrr, mais il ne vole pas, il ne bouge pas, comme s’il ne pouvait ou ne voulait, on dirait un épervier, un fantôme, l’ombre répugnante et redoutable de la Mort. Et boum, désespéré, un autre coup de balai, et un autre, un autre, avec des trajectoires différentes, jusqu’à ce qu’enfin cette grosse bête affreuse et obstinée tranquillement s’envole.

Je n’y étais pas, et je ris, le soir, quand tu me le racontes. Les femmes, elles exagèrent toujours – mais je ressens en moi un frisson d’inquiétude.

Mais j’y suis quand tu me réveilles. Il est revenu, dis-tu (tu es déjà debout). Moi aussi je me lève, je te suis. A travers la vitre, dans l’obscurité, je peux enfin voir, semblable à une claire lune de diamant, trônant sur le lierre lascif, son terrifiant œil de verre. Il n’est pas possible de l’attaquer maintenant, ni d’ouvrir la porte, ne fût-ce une ouverture minime : en même temps que l’affreux regard pourrait entrer la nuit entière. Nous y penserons demain, dis-je. Mais nous mettons très longtemps à nous endormir. Les ténèbres, le futur, sont oppressants.

Le matin, comme prévu, il est toujours là, bien accroupi, installé dans son pot de lierre : l’œil de verre, le corps énorme et gris, excepté pour le cou, qui est blanc. Certes, maintenant notre geste est sûr, la trajectoire est calme, étudiée. Au premier coup, l’énorme pigeon s’envole, et se perd dans l’air. Mais nous savons qu’il reviendra. En effet, il revient. Pendant deux jours nous nous alternons, toi et moi, pour donner le coup de balai.

Puis, l’intuition, l’œuf de Colomb (s’il m’est permis de le dire). Le pigeon est une pigeonne, ou mieux une palombe – je suis à mes moments perdus chercheur en zoologie – le cou blanc  ne laisse pas de doute. Et toi, en son absence, sans parler, presque sans respirer, et sans accord préalable, tu as fouillé dans le fond de son pot, et tu as trouvé  comme un fil, une petite branche, puis une autre, et une autre, étaient des dizaines de fils entrelacés, que tu as pris, démêlés un par un, jetés. Et puis, encore plus dans le fond, à mon tour – tuer est le travail des hommes – j’ai caressé la plante, je l’ai tâtée de ma main meurtrière, jusqu’au moment où je l’ai senti, et pris entre le pouce et le médius. Sa blancheur était aveuglante, son ovale émouvant. Je l’ai gardé dans ma main pendant quelques instants, comme si je ne savais qu’en faire. J’ai eu à nouveau sept ou huit ans, j’ai éprouvé cette même joie tiède, presque sexuelle, que m’avait donnée la naissance des enfants des canaris dans ma maison familiale, et puis j’en ai eu de nouveau cinquante, et j’ai ressenti la douleur de sa mère. Et même, je me suis senti mère moi aussi: je savais – les mères savent ces choses-là – qu’il s’appellerait Jean-François. Mais la nature ne connaît pas la pitié, chacun défend son territoire; et surtout, faut-il le rappeler ? entre les hommes et les pigeons c’est la guerre totale…

Ceci justement n’est pas l’histoire du pigeon Jean-François – ou si l’on veut, pour le dire plus précisément: ceci est la non histoire du pigeon Jean-François, c’est-à-dire une histoire qui n’a jamais été – celle, en d’autres termes, d’un pigeon qui aurait pu être et ne fut pas. Même si cela m’a, nous a rempli de tristesse.

N.B. Ce que je viens d’écrire n’est surtout pas, ni ne veut être, une réflexion théologique sur le commencement ou la substance de la vie, ni un pamphlet pour la défendre, la vie, sous la forme d’une croisade, que sais-je, contre l’avortement, voire l’euthanasie… Ce n’est pas non plus un appel en faveur du permis de tuer, ni un éloge des armes et de la violence, ni, Dieu nous en préserve, une métaphore pour justifier les frontières ou – per carità – le droit d’un peuple à habiter un territoire (ou pas).  Non. Ce n’est qu’une petite histoire vraie, et même pas de ces histoires vraies très à la mode que l’on vend comme des cacahuètes, car justement c’est la vraie histoire d’une non histoire… J’ajouterai juste ceci : parfois je revois dans l’obscurité cette énorme pigeonne épervier qui bat des ailes, comme l’ange de la mort, et la peur me saisit… Et si un jour je me retrouvais de nouveau face à elle, revenue pour me réclamer vengeance de son fils Jean-François ?

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Photo de Sophie Jankélévitch

Post scriptum. Sophie Jankélévitch, que je remercie, voit dans cette histoire un écho de la célèbre épopée de la mouette Marie-Jeanne. Le lien est bien sûr intrigant, et j’espère avoir la possibilité de faire les recherches nécessaires en vue d’une prochaine publication.