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FIPA : Le Congo dans tous ses états

Roberto Scarcia01

Congo Business Case  réalisé par le néerlandais Hans Bouma, le gagnant du Fipa d’or des Grands reportages, est exemplaire de ces bons sentiments que nourrit l’Occident à l’égard de l’Afrique. Ce reportage raconte l’histoire réelle de Daniel, un jeune hollandais qui part au Congo désillusionné par la façon  dont  se comportent  ces grandes ONGs   comme la FAO, l’organisation des Nations Unies contre la faim   dont il fut d’ailleurs salarié.

Daniel en a marre « de voir les  légumes  pourrir dans les champs alors qu’a moins de 200 kilomètres, en ville  les gens crèvent de faim ». Il part donc en Afrique la fleur au fusil pour lancer une entreprise qui ferait le lien entre  la campagnes et la  ville : il achète du manioc, la transforme en farine et la vend au marché de la capitale. Mais les problèmes pratiques et d’ordre culturel s’accumulent et Daniel est forcé d’abandonner le projet. « T’es l’un des quinze fils d’une femme congolaise émaciée, t’es l’un des six choisis entre 300 demandeurs d’emploi, et tu te mets en grève… » dit-il en exprimant son amertume. Ces deux phrases entre guillemets prononcées par le protagoniste résument le film : les bonnes intentions et la dure réalité des faits.

Si d’une part Congo Business Case est une histoire typique d’un jeune qui veut sincèrement changer les choses dans « les pays pauvres »,et ceci avec une franchise  dépourvu de ce narcissisme mal déguisé qui marque souvent ce genre d’aventures, il y a d’autre part quelque chose de nouveau ou plutôt de  curieusement familier  pour nous occidentaux dans ce film. Le jeune blanc qui part monter son business dans le sud ressemble curieusement  à nos anciens colons partis faire fortune dans les colonies. Voilà pourquoi, au delà des mots de convenance, ce film a plu autant. Pourquoi le nier, on assiste à un  retour manifeste  de l’esprit colonial en Europe  qui se cache sous la feuille de figuier de l’humanitaire.  Congo Business Case va dans le sens de l’histoire qu’on est en train d’écrire aujourd’hui.

La seconde raison du succès de ce film est linguistique : chauvinisme culturel aidant, un jury de France ne pouvait pas rester indifférent à un film où pour une fois le français et non pas l’anglais est la lingua franca entre un européen et des africains.

Le succès de Congo Business à Biarritz nous force à parler d’un autre grand reportage du même genre. AIDependance, est un film belge réalisé  par Alice Smeets et Frederick Biegmann  et qui dénonce justement la façon d’agir des ONG à Haïti. AIDependance, la dépendance de l’aide extérieure nous démonte  de façon minutieuse le mécanismes par lequel les Organisations Non Gouvernementales  détruisent le tissus  social local et, comme le dit une femme haïtienne avec désespoir «réduit les pauvres à des camés et l’aide étrangère à de la cocaïne ».  En même temps, ce film suit les traces d’un couple, Robi le haïtien et Sabina l’américaine  qui  vont dans  les endroits les plus difficiles de l’île et proposent  un exemple différent d’aide aux plus démunis.

Malgré leur différence,Congo Business et AIDependance  envoie le même message que l’on peut traduire ainsi  : pour être efficaces, les actions humanitaires  internationales doivent être conduites sous direction locale, par des gens du lieu, autrement c’est une mission impossible vouée au désastre.

FIPA 2014 : La télé à l’épreuve de la transculture

Roberto Scarciafipa

Voici le première article d’un reportage qui en comportera  huit sur le FIPA, l’un  des plus importants  rendez-vous  dédiés aux séries et aux documentaires de la télévision. Ce reportage  a été initialement publié sur le site de l’Observatoire de la diversité culturelle: www.combats-magazine.org

Tout débat sur la transculture comme sur le pluralisme politique ne peut faire l’impasse du petit écran. Ce n’est pas seulement parce que, comme les observateurs l’ont souvent souligné, la télé est un “médium populaire”, sinon un médium tout court ; mais aussi et surtout parce que dans notre civilisation de l’image, la télé s’est transformée dans le mielleur des cas hélas pas si fréquent en un espace spécifique ayant remplacé l’agora grecque ou le forum latin.
Dans cette perspective, ce qui est produit dans le monde pour la télé ne peut nous laisser indifférent. Prendre le pouls des tendances télévisuelles c’est déjà dessiner la cartographie de nos humeurs et de l’évolution de nos valeurs et  pour le meilleur et pour le pire. En d’autres mots, s’il n’y a plus besoin de chemises noires pour contrôler violemment l’espace public, la télé «fait la job » (comme on dit dans mon pays d’émigration et de naturalisation). Toute la gamme de la manipulation y passe: de l’infantilisation à un certain lavage des cerveaux (comme l’a su comprendre un certain Berlusconi dans mon vieux pays de naissance et de formation).
Pour ma part, je voudrais commencer cette série de chroniques  dédiée  au 27e édition du Festival International des Programmes Audiovisuels qui vient de se terminer fin janvier à Biarritz en partageant une conviction personnelle qui peut paraître banale : avec l’arrivée d’Internet, pour la première fois dans sa courte mais intense histoire, la télé se trouve confrontée à une concurrence efficace ; et heureusement la télévision semble vouloir se battre pour survivre. Cela se traduit au fait qu’aujourd’hui par une grande créativité dans la recherche des thématiques, l’exploration des lieux et les personnages.

D’autre part, il faut souligner que le choix des différents jury indique clairement que la télévision n’échappe pas à des biais culturels et politiques, voire  à un certain chauvinisme qu’on peut saluer ou maudire, mais qui restent bien enracinés. Commençons donc par la fin de cette kermesse de programmes audiovisuels constitués par 93 films en compétition dans les différentes catégories, venant des télévisions de 25 pays du monde, en rendant hommage aux gagnants sur lesquels on reviendra lors des prochaines chroniques : Congo Business Case du hollandais Hans Bouma a remporté le Fipa d’or de la catégorie des Grands Reportages et investigation ; le prix Michel Mitrani est allé au français Le Copain d’avant de Laurent Morocco et Françoise-Renée Jamet ; le Fipa d’or de la section Documentaire et création est allé à Chante ton bac d’abord de David André et le Prix du Jury des Jeunes Européens est allé au réalisateur de souche tibétaine Tenzing Tsetan Choklay l’auteur de Bringing Tibet Home.

Dans la section des Séries télé, le danois Arvingerne (The Legacy) de Pernilla August a remporté le Fipa d’or pour le meilleur scénario alors que le britannique Peaky Blinders de Otto Bathurst a obtenu le Fipa de la meilleure musique originale et des interprétations masculine et féminine de la même section. L’hommage de John Bridcut au maestro Colin Davis, Colin Davis in His Own Words a remporté le Fipa d’or dans la section Musique et spectacles, et finalement dans la section Fiction Jean-Xavier Lestrade a eu le Fipa d’or pour son 3xManon, le prix pour le meilleur scénario dans la même catégorie est allé à l’allemand Take Good Care of Him de Johannes Fabrick. Toujours dans la section Fiction le prix de la meilleur interprétation féminine est allé au protagoniste du britannique The Politician’s Husband de Simon Cellar Jones, alors que le prix pour la meilleure interprétation masculine est allé au protagoniste du film catalan Descalç Sobre la terra vermella, ou Pieds nus sur la terre rouge, film de Oriol Ferre qui a obtenu également le prix de la meilleure musique originale dans la section Fiction.

In the belly of the beast – Judy Rebick on Occupy This!

Elvira Truglia 

Judy Rebick
Judy Rebick

 

 

(This article was originally published in the November 6, 2012 edition of Vice Versa Online)

Judy Rebick is a well-known social justice activist, writer, educator and speaker. She is the founding publisher of Canada’s web magazine rabble.ca, author of Transforming Power, Ten Thousand Roses, and a regular on CBC Radio Q’s media panel. Vice Versa’s Elvira Truglia conducted an email interview with Judy Rebick about her new book Occupy This!

“The idea that we could create alternative communities as a way of resisting the existing culture is not new but doing it in the middle of big cities, in the belly of the beast is new and was a major reason for the power of Occupy.” Judy Rebick

ET – How can we understand Occupy in a broader context of social movements? How is it different, or is it?

JR – Well I’ve written a book on this called Occupy This! Occupy’s focus on economic inequality is different than social movements in the recent past, like the women’s movement or the civil rights movement, which have focused on excluded groups. Occupy focusses both on protest against existing institutions like Wall Street and on creating or dreaming of alternatives. In this way it is similar to the women’s movement but different than the anti-globalization movement, which was mainly a protest movement. One major way that Occupy was different than previous movements was that it focused on the local while creating a global movement. This is something quite new. We had the lingo, think globally, act locally, but this was the first time that a movement actually did that. In its’ political focus, it is most like the early labour movement. In its’ mode of organization it is most like the civil rights movement or the women’s movement. The most remarkable new thing about Occupy to me was the love and compassion that was so clearly present in the encampments. The idea that we could create alternative communities as a way of resisting the existing culture is not new but doing it in the middle of big cities, in the belly of the beast is new and was a major reason for the power of Occupy.

ET – What’s the link between the Occupy movement in North America, The Indignados in Spain and Latin America, and the Arab Spring in the Middle East?

JR – In my view, they are elements of the same movement in the same way that the movement in Saudi Arabia asking for the right of women to drive is part of the same movement as the Slut Walk. Led by youth, we are seeing an uprising of people’s that vision an equalitarian global movement to create another world. All of these movements are part of that. In addition, because of social media, they are communicating with each other and learning from each other. That is the remarkable part.

ET – When you talk about the importance of the Occupy movement, you refer to the way that it is creating different models for democracy – what does democracy look like for an Occupier?

JR – The most important institution is the General Assembly. This is also true for the Quebec Student Strike. The idea of a mass meeting of participants as the primary decision making body is a major new innovation. For me it is advancing the ideas of participatory democracy. Ordinary people can and should participate in the decisions that most affect their lives. The other important democratic innovation of Occupy is their idea about leadership. It’s not just that there are no leaders, it is rather valuing all kinds of skills as leadership skills. There are many leaders not just a couple. The Quebec students identify their leaders as “spokespeople,” making clear that their job is to speak for the movement not to make decisions for it. Finally, the valuing of people for who they are not for what they can do is a profound democratic idea, which is at the heart of Occupy.

ET – Some Indigenous communities have critiqued the Occupy movement for using exclusionary language – in particular, the use of the term occupation which is associated with colonialism? What`s your take on this – is the 99% represented under Occupy?

JR – On the one hand the use of the term Occupy without acknowledging that we are already on occupied land is problematic but most Indigenous activists and groups that I know are satisfied as long as the Occupy movement does acknowledge this. On the other hand, Occupy is a very powerful meme. The idea is that we don’t have to wait for others, for example, government to change things, we can change it ourselves. So we can talk about Occupy Education, Occupy Health Care etc. with the idea that the workers in these systems can start making changes themselves.

ET – In your book, you also refer to taking back the notion of community as one of the important elements of Occupy – can you elaborate on this?

JR – Occupy is all about creating community. The feeling people describe in the Occupy encampments is one of joy in feeling the connection with others, some would call this love. Neo-liberalism creates divisions amongst us through competition and fear. Occupy created an open inclusive community, everyone was welcome and encouraged to participate. It was an amazing thing even though it’s the most human of behaviour. This is harder to achieve without an encampment, which is why they were evicted.

ET – Is Occupy creating a new model of leadership?

JR – I am not sure about this. I think Occupy Wall Street is doing that by experienced leaders refusing to do a lot of media and/or becoming stars. When you think of Occupy, you don’t think of any individual as a leader and that is something new. I am not sure it is a new model of leadership. That remains to be seen.

ET – How do you respond to the critique, often by the mainstream media, about Occupy`s lack of a vision?

JR – I have heard the criticism that they don’t have demands. First this is not true. Their demand is to end economic inequality. There can be a discussion how to do that but it is a demand and a vision. A world without economic inequality is a vision as clear as Martin Luther King’s vision. They also go further in creating a vision of the world they want than many other movements by creating it in the encampments. They do this through collective participatory decision making and a gift economy, from each according to their ability to each according to their needs.

ET – Has Occupy changed mainstream discourse?

JR – Yes. For the first time the mainstream is talking about the 1% and extreme economic inequality. We can also talk about the problems of capitalism now. Believe me as someone who does a fair bit of mainstream media, that wasn’t possible before.

ET – You visited various Occupy encampments, was there a moment in one particular encampment that stands out the most?

JR – Of course Occupy Wall Street stands out. It was far in advance of the Occupy sites in Canada. I think this is because there were more experienced activists involved. In Canada, a lot of experienced activists walked away from Occupy because they didn’t have the patience for it.

ET – You call Occupy a cultural revolution; revolutions tend to have peaks and valleys – now that the encampments have come down, are we in the valley?

JR – I am not sure it’s true that we are in a valley. As I mentioned I think Occupy is part of a broader uprising. So I consider the student strike in Quebec part of that uprising, the movement against the Enbridge pipeline as part of that movement. People are continuing to organize. It is too soon to say whether there is valley. I don’t see it yet.

ET – What was the logic of publishing an e-book – was it an attempt to democratize information? Were you hoping to make the book more accessible and target a broader audience? Did it work?

JR – Not really. Penguin asked me to do it. I asked them to issue Transforming Power (my last book) as an e-book at a cheaper price since it explains the elements leading into Occupy. They asked me to write an e-book on Occupy. I thought it was a good idea because it would come out quickly and be cheap but it hasn’t worked that way. People who might not buy a more expensive book might also not have an e-reader or be willing to download the program needed to read an e-book online. I think it was a mistake to publish an e-book with a mainstream publisher since they are so obsessed with copywrite, they made it difficult to get. Also the media doesn’t review e-books so fewer people find out about it. At this point despite the $3.99 price, Occupy This! has sold fewer copies than my other books. Also Penguin did zero promotion around it. I am starting a US promotion campaign now through twitter. We will see if that works.

To download the book from Penguin: http://www.penguin.ca/nf/Book/BookDisplay/0,,9780143184096,00.html

Elvira Truglia is a Montreal-based freelance journalist and social justice advocate. She has worked for various non-governmental organizations, as well as community, public and independent media outlets.

El Tango de las Academias en el Río de la Plata

 

Eduardo Magoo Nico

origen-popular-Argentina_CLAIMA20121222Con sus sucesivos cambios la danza de origen afro-antillano, que luego se llamó Habanera, fue la preferida en los cuartos de las chinas cuarteleras (negras, mulatas, mestizas, indias y de vez en cuando alguna blanca) donde antes de 1850 ya se bailaba con pareja abrazada (la mujer siempre retrocediendo y los cuerpos en contacto “tanto más o menos, según fuera la confianza habida”, pero “sin contorsiones ni traspieses buscados”). Esa danza, decíamos (por no decir Tango, pues tango era todavía todo lo que bailaban los negros) fue modificando paulatinamente sus componentes coreográficos que la lascivia del orillero penetró con las más imprevistas y pintorescas figuras, surgiendo entonces el corte y la quebrada, que el bailarín negro no demoró en aplicar a la Milonga y a todo lo que se bailara en los cuartos de las chinas.

“La popularidad que conquistaba la milonga danzable, sugirió en el suburbio un nuevo lucro, y se instalaron salones de bailes públicos, con el consabido anexo de bebidas.” Estos salones de bailes públicos son las Academias, perfectamente descriptas por el ensayista uruguayo Vicente Rossi, en “Cosas de negros” de 1926, así como la gran participación que en ellas cuadró a los negros (tesis ésta que contara con el sostén de Jorge Luis Borges entre sus mayores defensores), y el hecho muy importante, de que allí no se utilizaba la danza como antesala del libertinaje, sino como un fin en sí misma.

En las Academias surge entonces una subclase especializada de nuestro primer proletariado (en su mayoría negro y proveniente del tráfico de esclavos). “A las danzaderas, pardas y blancas, no se les exigía ningún rasgo de belleza, sino que fueran buenas bailarinas y lo eran a toda prueba”. Su jornal, unos centésimos que a tarifa fija le abonaba el cliente por cada pieza (a dividir con el patrón). Su tarea “fatigosa y brutal”, satisfacer “el culto de un nuevo arte de emociones y acrobacia danzante”, su existencia, “una maldición hasta para la mujer de vida airada”.

Las orquestas estaban constituidas, por lo común, por seis músicos criollos “virtuosos del oído”. El repertorio importado se interpretaba fielmente, según se dice, y con la Milonga se hacían primores. El mundo que acudía a las Academias no era ya solo el del negro que “se floreaba y divertía con sus reminiscencias raciales” sino también la juventud masculina de todas las clases sociales. Bailar estas danzas en público, sin embargo, no era para todos, y el blanco y el pardo no se adaptaban con facilidad a la técnica del negro, aceptando sus lecciones de ritual, pero no sus atrevidos desplantes. Así, a toda exageración o impetuosidad milonguera, se la llamó “cosa de negro” o “bailar a lo negro”.

Las Academias funcionaron en distintos barrios de la ciudad de Buenos Aires: La Boca, Barracas, San Cristóbal y el Bajo. “Viejo Tanguero” (1) menciona tres en el Sur: Solís y Humberto I, Solís y Estados Unidos y Pozos e Independencia, “tal vez la más famosa por la gente de bronce que la frecuentaba y por el prestigio de los bailarines que concurrían”.

Nombres o mitos entre las danzarinas de color: las pardas Refucilo, Flora, Adelina, la Negra Rosa (propietaria de una casa de baile en Pompeya), la mulata María Celeste. Entre los bailarines iniciales: los negros Cotongo y Benguela.

Los propietarios de las tan mentadas academias de baile, eran en su mayor parte hombres de color y otro tanto ocurría con sus tan jerarquizadas regentas, como la ya evocada por “Viejo Tanguero”, Carmen Gómez (2), una parda que valiéndose de un brujo negro, rodeó muy adecuadamente con sal la casa de su adversaria (de igual tez, pero Agustina de nombre) con el afán de provocarle “un mal”.

El tango que se conoce en la actualidad se formó mediante “el contacto del hombre de color y el orillero. Los ritmos europeos adquirían el ritmo de los tamboriles y el canto de África. Este tango, ligado aún a su origen en los sitios de los negros, poseía una coreografía que lo destacaba de la música ciudadana de la época.” (3)

Aquellos tangos (desaparecidos o agonizantes los cuartos de las chinas y las primeras Academias) continuaron bailándose, en los burdeles, en los clandestinos, en los centros nocturnos de Palermo… Recordemos que el desarrollo de la prostitución organizada se inició en nuestro país después de 1870, debido sobre todo, a la prevalencia de la población masculina proveniente de la inmigración. “No fue difícil que, ante la magnitud del fenómeno prostitucional, el burdel se convirtiera en la institución orillera por excelencia, y sus personajes típicos (el canfinflero, la madama, la taquera) en una suerte de próceres o aristocracia negra en la ciudad del mal. El tango llegó siguiendo este maligno prestigio, fraguando en una forma bailable que luego sería musical, el carácter de la orilla ciudadana, hábitat de todo el margen de la sociedad” (4)

Los hombres de color fueron desapareciendo (como bailarines) de los lugares de tango. Hacia finales del siglo XIX y en los comienzos del nuevo siglo, a la aniquilación física en la guerra fratricida con el Paraguay, y en la sucesiva epidemia de fiebre amarilla que asoló Buenos Aires en 1871, sigue una Política de Estado de “invisibilización” de indios y negros en la sociedad, barridos por el torrente de la masiva inmigración blanca europea. El rechazo de la negritud se acrecienta con la pompa y el boato que van adquiriendo algunos de esos nuevos lugares de tango (ya de moda en París). Pero su participación no se borra definitivamente, sino que ahora empezarán a convertirse en los más prestigiosos musicantes de los clandestinos rumbosos, de los apeaderos del sabalaje, de las nocturnas jodas de los recreos de Palermo. En cuanto a las pardas, las mulatas, las negras, serán sustituídas paulatinamente por las milonguitas, y por las nuevas putas europeas: “sífilis embarcadas en Marsella/ ladillas gigantescas de Varsovia”.

Una cierta lectura de la toponimia de las calles de Buenos Aires podría hacernos pensar en una apología de todos los genocidios. Las calles rebosan de nombres de militares “ilustres”, pero en ningún lado se recuerda el nombre (en ningún bar, ninguna esquina, ninguna plaza, ninguna placa) de estas primeras bailarinas de tango (casi siempre negras, chinas o mulatas), que contribuyeron a crear, y sobre todo, enseñaron a bailar (y en la transmisión, recordemos, se fija, se sistematiza, se denomina, la figura coreográfica) una danza que es hoy reconocida por la UNESCO, como Patrimonio Cultural de la Humanidad. Tenían un nombre estas mujeres corajudas (5) que enseñaban a danzar “con corte” en las Academias, y antes y después, en los piringundines, prostíbulos y cabarets de Buenos Aires, aunque por ser hijas de la esclavitud (de la vieja y de la siempre renovada esclavitud) no se les haya otorgado el derecho de tener una historia (6).

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1) “Viejo Tanguero”, autor de un artículo publicado en “Crítica”, el 22 de septiembre de 1913, con el siguiente título: “El tango: su evolución y su historia. Quienes lo implantaron”. De acuerdo a Cárdenas (1971:28) dicho seudónimo presumiblemente correspondería al periodista José Antonio Saldías.
2)Este mismo “Viejo Tanguero” (que pareciera considerar el vocablo “piringundín” como de antigua data, y el de “academia”, como posterior a aquél) cita también la Academia de la plaza Lorea donde descollaba la fama de Cármen Gómez, “una hábil milonguera capaz de arremeter contra un cuadro de caballería”, y las del centro: la “Stella di Roma” o “Baile de Pepín” (Corrientes y Uruguay), “Scudo de Italia” (Corrientes casi Uruguay) y la “Casa de Provín” (Corrientes y Talcahuano).
3)Vicente Gesualdo manifiesta coincidentemente que: “Morenos y pardos están en la historia del tango desde su origen, cuando mucho antes de 1870 se bailaba en la casa de la parda Carmen Gómez, en cuyo local tocaba el piano el morenito Alejandro Vilela. En esos lugares de mala fama tuvo su origen el tango, estrechamente ligado a la música que realizaban los negros en sus sitios”. (Citado por Puccia: 1976:76).
4) Matamoro: 1969 : 40
5)Roberto Selles, en su artículo “Los negros del tango, de Casimiro a Rosendo”, agrega otros nombres: Clotilde Lemos (debutó como bailarina en la Academia de Pardos y Morenos, en la actual calle Lavalle en Bs. As. entre 1855 y 1860); la Parda Deolinda, milonguera y propietaria de un sitio de baile, en Montevideo. “Dotada de un magnífico cuerpo y original belleza -nos hace saber su compatriota Pintín Castellanos- amén de un carácter de los mil demonios, tenía extraordinaria habilidad para bailar con corte y quebrada (…) los varones de aquellos lugares, pese a su probada guapeza, no se atrevían mucho con la parda. Entre 1880 y 1886, el Jefe de Policía, Apolinario Gayoso, la deportó -a causa de las muchas trifulcas en las que era protagonista- a Buenos Aires. Aquí, continuó con las filigranas de sus pies y con su bravura… ¡Murió en duelo criollo!”.Otras de las negras al frente de una Academia en Montevideo, fue la morena Sixta que había obtenido jinetas de sargento de este lado del Plata en la batalla de Caseros (solía hacer uso de su viejo fusil con bayoneta, cuando la batahola era grande).
(6)En las Academias porteñas, se destacan varias pardas legendarias, la Parda Loreto, y las ya mencionadas Parda Refucilo y la Parda Flora (personaje mítico) al cual se le atribuye esta hermosa frase: “¡Que haiga relajo, pero con orden!”. Supongo que luego agregaría un “¡carajo!”. Pero eso lo dejo como abono para el terreno de las conjeturas. Hay autores que agregan otros nombres entre las pioneras. Me quedo para este retazo colorido, con las que por su apodo, o alguna descripción existente, denuncian su origen Afro o Amerindio: la Negra María, la Parda Corina, la Parda Esther (bailaba con el Pardo Santillán), la Paulina (italiana rubia, que siendo compañera del Negro Casimiro hasta su muerte, debo considerar mestiza), la Peti (bailaba con el Negro Pavura), la China Venicia (citada por “Viejo Tanguero”), y Concepción Amaya “Mamita” (su “casa” es una leyenda tanguera por todo lo que allí sucedió y los personajes que por ella pasaron, la describen con el cutis morocho oscuro, mas bien achinada, brava y de ojos negros).

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Foto: Comunidad Camundá o Cabundá en una villa de Buenos Aires. Publicada en la revista “Caras y
Caretas” en 1908 (Archivo General de la Nación).

Texto: Eduardo Magoo Nico

Para una versión con mayores detalles dirigirse al blog del autor:
http://magoolefou.blogspot.it/2013/02/el-tango-de-las-academias-en-el-rio-de.html

la Repubblica. Sul quotidiano degrado degli Italiani

Lamberto Tassinari

Vignetta di Altan
Vignetta di Altan

Come in natura, a rilievi presso specchi d’acqua corrispondono, sui fondali, depressioni di identiche dimensioni, così in Italia all’altezza di certi intelletti e sensibilità corrispondono abissi di collettiva trivialità e leggerezza. Il fenomeno è universale ma si tratta, appunto, di cogliere la specificità italiana. Io mi ci sono allenato vivendo fuori d’Italia già dai primissimi mesi del mio volontario esilio. Allora, per questi miei esercizi usavo quasi esclusivamente il quotidiano la Repubblica che già nei primi anni Ottanta aveva cominciato a derapare verso un crescente stile moderno, americaneggiante alla USA Today e sensazionalista ispirato alla “cultura” che proprio in quegli anni Silvio Berlusconi stava diffondendo con le sue televisioni. Così poco a poco Repubblica si preparava a diventare il giornale televisivo, pubblicitario, ambiguo, schizofrenico e schizogeno che è divenuto poi negli anni Novanta, l’organo di una sinistra falsa ( la sola), di tutta quella vaga borghesia italiana che amava e ama credersi progressista e all’opposizione quando in realtà è la più ignava e viziata compagine sociale al mondo. Il caso di Repubblica è emblematico, poichè sembrava, agli inizi, un prodotto sano, un medium laico, con idee sociali moderate ma lucide, progressiste come si diceva, con intenzioni e scelte programmatiche serie in politica e in cultura. Alla guida del giornale troneggiava quel fenomeno tipicamente italiano di intellettuale cinico di sinistra, un vero barone, caimano quasi del nostro giornalismo che ancor oggi è Eugenio Scalfari. Di Repubblica degli inizi non si sospettava la vocazione trasformista e consumistico-populista che con gli anni ha preso il sopravvento senza eliminare appunto, e questo alibi è un aspetto della specifità italiana, una venatura di cultura alta e de gauche, ma fondendola in un ibrido malinconico di vuoto e volgarità. Preceduta su questa via infelice dal settimanale L’Espresso, Repubblica è diventata, ai miei occhi, più che lo specchio della degenerazione della società italiana in questi ultimi trent’anni. I suoi giornalisti e lettori si sono illusi per due decenni di rappresentare un antidoto al berlusconismo, in verità sono stati un elemento complementare di quella cultura, una sua variante di facciata. “Attaccando” Berlusconi come il Cavaliere, Silvio, il Berlusca o il premier, la Repubblica ha finto la critica, in realtà accompagnandolo nella sua disastrosa marcia trionfale. Oggi gli stessi fatui giornalisti commentano il trionfo della rivolta di Beppe Grillo – massima espressione di ciò di cui sono capaci la sinistra e la democrazia in Italia – chiamando “grillino” e “grillina” i neodeputati del Movimento 5stelle. La Repubblica ha depresso invece che innalzare il già basso livello culturale e morale degli italiani. Ovviamente non ha agito da sola, tutto e tutti hanno lasciato scivolare questa società verso il profondo degrado attuale.

Solo singoli hanno profetizzato, parlato, e a volte anche agito, ma invano.